Zara crée sa « casita » et lance « The Fold-er » : une section éditoriale portée par des influenceuses
Madrid – Zara innove. Dans le cadre de sa stratégie visant à offrir « la meilleure expérience possible à [ses] clients », selon les mots d'Óscar García Maceiras, directeur général d'Inditex, l'enseigne du géant espagnol de la mode vient de lancer « The Fold-er ». Cette nouvelle section, disponible sur ses plateformes en ligne, est conçue comme un magazine digital proposant du contenu élaboré par des influenceuses et des prescriptrices de tendances reconnues.
Déjà active et accessible dans le monde entier, depuis la boutique en ligne et l'application officielle de Zara, cette nouvelle section éditoriale est, pour le moment, intégrée à la division femme. Elle y figure aux côtés des catégories habituelles comme « nouveautés », « tendances », « collection » ou encore « chaussures et accessoires » et « parfums ». En s'ajoutant à celles-ci, « The Fold-er » acquiert une importance aussi structurante que ces autres sections au sein de l'écosystème digital de l'enseigne.
Pour son lancement, « The Fold-er », que Zara décrit comme « un espace de recommandations et de points de vue personnels », propose quatre « chroniques éditoriales ». Ces articles sont signés depuis New York et Londres par les « marraines » de cette nouvelle tribune de style et de tendances : l'influenceuse américaine Leandra Medine, connue pour son ancien blog « The Man Repeller » ; l'entrepreneuse new-yorkaise Arielle Charnas, créatrice du blog devenu marque de mode « Something Navy » ; l'influenceuse mode belge Manon De Velder ; et la prescriptrice de tendances française Laura Roso Vidrequin. Cette dernière, fondatrice de la marque pour enfants « Kids O’Clock », a travaillé comme vendeuse, acheteuse et consultante pour des noms comme Jean Paul Gaultier, Chanel, Harper’s Bazaar, Moda Operandi, Ralph Lauren, le British Fashion Council, Net-a-Porter et les grands magasins de luxe britanniques Harvey Nichols.
Reprenant les codes d'un magazine de mode, chacune d'elles livre sa vision personnelle des tendances pour le début de la saison estivale 2026. Leurs « chroniques » sont publiées sous des titres évocateurs : « Les meilleurs looks apparaissent au début d'une saison » (Leandra Medine), « Au moment de m'habiller, je me suis toujours plus laissée guider par mes émotions que par l'occasion » (Arielle Charnas), « Ces looks reflètent la version de New York qui me manquera le plus » (Manon De Velder) et « Le simple fait de s'habiller peut être une façon de communiquer avec le monde » (Laura Vidrequin). Leurs réflexions sont illustrées par des photos d'elles portant des pièces de la collection Zara. Un lien direct vers les articles est intégré sous chaque image, dans un style rappelant les pages shopping des magazines de mode.
La « casita » de Zara
À l'heure où les réseaux sociaux et les conversations bruissent de commentaires et de photos sur la désormais célébrissime « casita » des concerts de Bad Bunny, on ne peut s'empêcher de dresser un parallèle entre cette initiative du chanteur portoricain et la nouvelle section « The Fold-er » de Zara. À tel point que cette rubrique nous apparaît presque, pour l'instant du moins, non plus comme le « magazine de mode digital » de Zara, mais bien comme sa propre « casita ».
Pour mieux comprendre cette analogie, il faut d'abord définir ce qu'est cette « casita » qui fait tant parler d'elle lors des concerts de la sixième tournée mondiale de Bad Bunny. Après deux concerts à Barcelone et huit à Madrid, cette tournée s'achèvera en Espagne les 14 et 15 juin. Le concert du 30 mai à Madrid a été particulièrement remarqué, notamment grâce aux images virales de sa « casita ». Cet espace, qui fait office de seconde scène, accueille une sélection de spectateurs, principalement des célébrités et des invités VIP. Parmi eux, la présence de Marta Ortega, présidente non exécutive d'Inditex, a attiré l'attention. Considérée comme l'instigatrice des nouvelles stratégies du groupe, elle a été vue dansant avec le chanteur, vêtue de pièces de la collection capsule issue de la collaboration entre Bad Bunny et Zara.
En clair, la « casita » de Bad Bunny est une vitrine stratégique qui met en avant les personnalités assistant à ses concerts, créant ainsi un désir d'y participer. Le parallèle avec « The Fold-er » de Zara est évident : l'enseigne utilise cette section comme une vitrine pour des figures influentes de la mode. À en juger par les premières « marraines », les profils choisis combineront des professionnels de l'industrie, des influenceuses et des prescriptrices de tendances, à l'image des magazines spécialisés. Leur participation à « The Fold-er » servira un double objectif pour Zara : enrichir l'expérience d'achat et rehausser l'image de la marque en l'associant à des personnalités clés du secteur.
Enrichir l'expérience d'achat, en physique et en digital
Le lancement de « The Fold-er » s'inscrit clairement dans les initiatives de Zara pour 2026. Celles-ci suivent les directives stratégiques présentées par le directeur général d'Inditex, Óscar García Maceiras, le 11 mars dernier, lors de la publication des résultats annuels de l'exercice 2025. À cette occasion, le dirigeant avait souligné que l'entreprise continuerait à collaborer avec des figures importantes de la culture et à s'efforcer d'offrir la meilleure expérience d'achat possible, tant en magasin qu'en ligne. Ces deux canaux sont considérés comme un tout.
Conformément à cette stratégie, Zara a renforcé son réseau physique au premier semestre avec les réouvertures de ses flagships à Rome et sur Oxford Street à Londres, ainsi qu'avec l'inauguration d'une nouvelle boutique sur Huaihai Road à Shanghai. Le lancement de « The Fold-er » vient désormais consolider le canal digital.
À ce sujet, comme pierre angulaire de la stratégie 2026, le directeur général d'Inditex martelait en mars : « Nous allons continuer à inventer de nouvelles façons d'interagir avec nos clients ». Pour honorer cet engagement, « nous pourrons compter sur de nouveaux flagships » — citant précisément celui qui vient d'ouvrir à Shanghai — mais aussi sur le fait que « nous continuerons de collaborer avec des personnalités mondiales issues du design, de la culture et de l'art ».
Si cette annonce laissait initialement présager de nouvelles collections, elle a pris une tout autre ampleur avec les partenariats noués avec Bad Bunny et John Galliano, et aujourd'hui avec le lancement de « The Fold-er ». Par cette initiative, Zara s'ouvre à des collaborations aux profils très variés, tout en servant les objectifs stratégiques d'Inditex pour 2026 : œuvrer « au quotidien pour offrir la meilleure expérience possible à nos clients, en boutique comme en ligne », et continuer à affirmer Zara comme une marque « dont l'impact culturel mondial est plus fort que jamais ».
- Zara lance « The Fold-er », une nouvelle section sur ses plateformes en ligne, conçue comme un magazine digital avec du contenu créé par des influenceuses et des prescriptrices de tendances.
- Cette initiative vise à enrichir l'expérience d'achat du client et à rehausser l'image de marque de Zara en l'associant à des figures influentes du monde de la mode.
- Le lancement de « The Fold-er » s'inscrit dans la stratégie d'Inditex pour 2026, qui consiste à collaborer avec des personnalités culturelles et à offrir la meilleure expérience d'achat possible, en magasin et en ligne.
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