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Who’s Next 2026 : Blundstone, Léon & Harper et True Religion, trois modèles solides face à la crise

Salons|COMPTE RENDU
Who's Next janvier 2026 Credits: WSN
Par Florence Julienne

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Who’s Next janvier 2026, salon professionnel dédié aux collections de prêt-à-porter automne-hiver 2026/2027, confirme une chose : dans un marché fragilisé, des marques comme Blundstone, Leon & Harper et True Religion savent exactement qui elles sont. Elles utilisent le salon comme un outil de relation et de développement commercial, au service de vestiaires pensés pour des usages quotidiens.

Avec + 5 % de visiteurs par rapport à septembre 2025, dont 60 % d’internationaux, Who’s Next (WSN) reste un rendez-vous physique, relationnel, auquel les acheteurs sont attachés.

Si le salon développe une offre créative et transversale (mode, accessoires, beauté et décoration), il réunit également des locomotives du prêt-à-porter et des accessoires, capables de répondre aux enjeux de qualité, de prix et de style, et suffisamment attractives pour attirer les détaillants français et internationaux.

Des marques en phase avec les attentes d’un marché

« De plus en plus de consommateurs de mode cherchent à construire un dressing durable, indique Sabine Bertolino, directrice commerciale WSN à FashionUnited. Ils cherchent des pièces de qualité, des piliers sur lesquels ils peuvent compter, des fondamentaux : un bon jean bien coupé, une paire de boots simples et efficaces qu’on peut porter tous les jours, un très beau pull, des basiques intemporels bien fabriqués, qu’on peut mixer avec des pièces plus créatives ».

« Ce besoin de qualité explique pourquoi les marques établies jouent un rôle central : elles apportent une expertise produit et donnent confiance aux consommateurs comme aux détaillants », ajoute la directrice commerciale.

Qu’il s’agisse de workwear australien – Blundstone –, d’un vestiaire parisien hybride – Leon & Harper – ou de denim associé à la culture rap – True Religion –, ces propositions relèvent d’un streetwear au sens large : un vêtement pensé pour être vécu au quotidien.

Blundstone : 2,3 millions de paires de chaussures vendues en 2025

Hugues Segal, président de Héritage Diffusion, importateur et distributeur de Blundstone en France Credits: F. Julienne

Exposant de longue date sur Who’s Next, Blundstone illustre un modèle qui s’appuie sur le salon comme un rendez-vous professionnel régulier et non une vitrine événementielle.

« Blundstone expose à Who’s Next de manière continue depuis de nombreuses années, aux éditions d’été comme d’hiver, principalement pour rencontrer ses clients français, explique Hugues Segal, président de Héritage Diffusion, importateur et distributeur de Blundstone en France. Même si, en 2026, tout semble compliqué et tout le monde se serre la ceinture, les détaillants sont au rendez-vous. »

Blundstone est une entreprise familiale privée australienne, fondée en 1870 en Tasmanie, à Hobart. Créée par une famille de colons britanniques, elle est toujours dirigée par la famille Cuthbertson.

Historiquement associée au workwear et à l’agriculture (à l’origine, c’est une marque de chaussures utilitaires, destinées au travail agricole et à l’usage urbain), elle s’est, depuis les années 2000, progressivement féminisée. Elle est aujourd’hui identifiée comme une marque lifestyle en Amérique, en Europe et en Asie, avec des prix allant de 190 à 250 euros la paire.

La majorité de la production est réalisée au Vietnam. Les matières utilisées sont : le cuir de vache pour l’empeigne, l’élasthanne pour les élastiques et le polyuréthane pour les semelles.

Les semelles sont en grande partie injectées (soudées au cuir), ce qui améliore l’étanchéité, la durabilité et la rapidité de fabrication. Elles intègrent une technologie d’amorti appelée XRD, utilisée notamment par Harley-Davidson, qui permet une réduction importante de la fatigue à la marche.

En 2025, Blundstone a commercialisé près de 2,3 millions de paires. La France représente une part marginale (environ 50 000 paires vendues par an) en comparaison, par exemple, du Canada (marché clé avec environ 700 000 paires par an).

La distribution est basée sur un réseau d’importateurs/distributeurs locaux selon les zones géographiques. En France, la revente se fait principalement via des multimarques et des revendeurs partenaires. La marque envisage toutefois l’ouverture de flagships dans certaines zones, à l’image d’une boutique récemment inaugurée à Milan.

Leon & Harper : : la fidélité aux fondamentaux du wholesale

Leon & Harper x-collection fw26 Credits: F.Julienne

« Quand on a des agents en France, on pourrait se dire : ça fait maintenant plus de trente ans qu’on fait des salons, on n’a plus tellement besoin de venir. Et bien non, remarque Philippe Corbin, fondateur de la marque Léon & Harper. Pour nous, les salons Who’s Next sont importants pour entretenir la relation avec nos clients français. »

Créée il y a quinze ans, Léon & Harper revendique une stabilité stylistique basée sur un concept : un vestiaire masculin revisité en féminin, mix de sportswear, tailoring et pièces féminines plus marquées.

Environ 80 % des produits intègrent des matières telles que le coton biologique, la laine recyclée et la viscose issue de bois certifié FSC. La marque fait un usage modéré du polyester pour les faux cuirs et la fausse fourrure. Elle a d’ailleurs développé un label interne, Born Again, destiné à expliciter l’origine des matières et les procédés de fabrication.

En France, la distribution s’effectue via un réseau d’agents multimarques (plus de 100 points de vente), cinq boutiques en propre, toutes situées à Paris, et un site e-commerce « en pleine croissance ».

En Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie et Espagne), elle est également opérée par des agents commerciaux (environ 400 points de vente dans le monde).

True Religion : la marque qui habille Aya Nakamura et Booba

True Religion FW 26 Credits: F. Julienne

True Religion a déjà exposé à Who’s Next par le passé, mais c’est une première pour Christophe Nguyen, agent pour Talk Studio, structure qui accompagne True Religion sur le marché français. L’enjeu est de renforcer et d’organiser sa présence sur le territoire.

True Religion est une marque américaine de denim fondée en 2002 à Los Angeles. Elle s’est construite autour d’un travail spécifique sur le denim premium et revendique avoir réinventé la machine à coudre standard afin de développer ses propres techniques de surpiqûres (Big T, Super T), devenues signatures visuelles de la marque. Le logo fer à cheval et les poches arrière distinctives constituent des marqueurs identitaires.

Elle signe la tendance Y2K (période 1998 – 2005), dans la mouvance de marques comme Evisu, Juicy Couture ou Von Dutch. Et réalise plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires au niveau global (États-Unis, Asie et Europe). En France, la griffe compte une vingtaine de points de vente.

Le fait que True Religion soit portée par de nombreux artistes aux États-Unis (Central Cee, Timothée Chalamet, collaborations avec Bella Hadid, Dreezy, Supreme) crée un effet boule de neige. « En France, on est en phase avec la scène rap. On a habillé Aya Nakamura, Booba, Gazo, Kalash et bien d'autres, reconnaît l’agent. Le produit est reconnaissable au premier regard grâce aux coutures, au logo et aux poches. »

À travers ces exemples, une question se pose : celle de la portabilité réelle des vêtements, de leur positionnement prix et de la qualité perçue des produits. Sans être formulée comme telle, cette équation paraît aujourd’hui traverser les marques qui parviennent à s’inscrire dans la durée.

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