Manifestations : la FNH saisit les préfets pour protéger les commerces de mode

Ce jeudi, la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) a fait savoir que « plusieurs de ses comités régionaux ont saisi les préfets de leurs départements respectifs, au titre de leurs compétences départementales en matière d’ordre public et de protection des personnes. » Leurs demandes visent à prévenir d'éventuels nouveaux pillages de magasins, après les événements du 17 octobre 2026.

Les comités régionaux réclament notamment « la définition d’un dispositif préventif de sécurisation des secteurs commerçants identifiés comme particulièrement exposés, notamment dans les centres-villes et secteurs présentant une forte densité de commerces. » Les comités de la FNH demandent également « la mobilisation de moyens de police et de gendarmerie adaptés à la protection des personnes et des biens dans ces secteurs, en complément des moyens consacrés au maintien de l’ordre et à la sécurisation des rassemblements », ainsi qu'« une présence préventive et suffisamment visible des forces de sécurité intérieure aux abords des zones commerciales pour lesquelles un risque particulier aurait été identifié. »

Ces demandes rejoignent la doctrine annoncée jeudi par Emmanuel Macron, suite à un conseil de sécurité avec les services de renseignement et le gouvernement. Le président a informé que partout en France, « là où il y a une volonté de manifester, de se regrouper, des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela, seront interdites par des préfets ». La raison invoquée par le chef de l'État : « parce que ça n'est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme. »

Emmanuel Macron ajoute : « Partout où des organisations syndicales déposeront ces demandes, elles seront examinées (...) mais on leur proposera des tracés alternatifs pour protéger nos centres-villes, et en particulier nos commerces et nos bâtiments publics. » Le chef de l'État précise que la « recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestations dans les jours à venir ».

« la liberté de manifester c'est le fondement de la démocratie »

Les propos du président n'ont pas manqué de faire réagir. « C'est très grave, la liberté de manifester c'est le fondement de la démocratie », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, sur franceinfo.

La décision exprimée par Emmanuel Macron rejoint néanmoins les propos tenus par Pierre Talamon, président de la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), lors de son entretien avec FashionUnited : « Les gens ont évidemment le droit de manifester. C'est fondamental. Mais si les forces de l'ordre, les préfectures et le pouvoir public sont incapables d'extirper des groupes factieux de manifestations qui se veulent pacifiques, il vaudrait mieux les interdire. »

Une coordination de Gilets jaunes, rejointe par des organisations lycéennes et étudiantes, appelle à manifester ce samedi 24 octobre. L’intersyndicale appelle de son côté à la grève le 5 novembre, date à laquelle la CGT souhaite « généraliser la grève ».


OU CONNECTEZ-VOUS AVEC
Emmanuel Macron
FNH
pillage
Politique