• Home
  • Actualite
  • People
  • Anna Wintour au tribunal de la mode  : le coup d'éclat scénique de Mossi

Anna Wintour au tribunal de la mode  : le coup d'éclat scénique de Mossi

People
Mossi Traoré PFW FW26 Credits: F. Julienne
Par Florence Julienne

loading...

en
Scroll down to read more

Jeudi 6 mars 2026, en pleine Fashion Week Paris, les spectateurs ont assisté, incrédules, au procès du créateur de mode Mossi Traoré.

L’audience s’est déroulée à la cour d’Appel de Paris. La partie civile a d’abord énoncé les faits reprochés à Mossi Traoré : vol à la tire de jeans Levis au grand magasin Le Printemps, falsification d’identité pour se rapprocher d’Anna Wintour (Vogue US), shooting sans autorisation devant le Taj Mahal, branchement illégal sur le conduit électrique d’une marque de luxe pour son propre défilé, de s'être infiltré chez John Galliano par effraction et autres petits délits.

Mossi PFW FW26 Credits: Mossi

À la barre, les victimes sont venues témoigner des préjudices subis. « Le Printemps n’est pas un marché aux puces pour poches trouées », a déclaré, par exemple, une représentante du Printemps.

Anna Wintour, le carré impeccable et les lunettes de soleil vissées sur le nez, a exprimé le fait que se faire passer pour son attaché de presse au téléphone n’était pas acceptable, quand bien même il n’avait pas l’argent pour s’offrir un RP.

Mossi PFW FW26 Credits: Mossi

La défense s’est ensuite avancée. Reconnaissant la culpabilité du malfaiteur, elle a plaidé en faveur du fait que, n’ayant ni les moyens économiques, ni le réseau, Mossi avait bien été obligé de resquiller pour faire naître son rêve.

Néanmoins, les jurés l’ont reconnu coupable. Et même la représentante (fictive) de la FHCM l’a estimé coupable d’être un élément perturbateur dans le très bien huilé écosystème de la mode.

De fait, la présidente du tribunal l’a condamné à continuer d’être créatif et à œuvrer pour que les jeunes de banlieue puissent réaliser leurs ambitions mode.

Mossi est sorti menotté de l’audience, encadré par la brigade

Vous l’aurez compris, ce procès était une façon pour le moins originale de dévoiler sa collection automne-hiver 2026/2027. Chaque personnage portait une de ses créations.

Mossi PFW FW26 Credits: Mossi

Mais derrière cette mise en scène fictive, le créateur a fait le procès réel du système de la mode tel qu’il est aujourd’hui : ses inégalités sociales, son manque d’inclusion pour les jeunes de banlieue et pour les personnes d’origine culturelle différente, son écocentrisme, etc.

Un constat qu’il avait déjà établi lors d’échanges à à La Caserne. « Aujourd’hui, un jeune créateur, c’est le parcours du combattant, avait-il expliqué au candidat socialiste à la mairie de Paris. La plupart des écoles de mode ne sont pas accessibles financièrement, les jeunes galèrent pour trouver une alternance. En gros, la porte d'entrée se fait au portefeuille. »

Mossi PFW FW26 Credits: Mossi

« J’avais envie d’offrir à ces jeunes, ou ces adultes en reconversion professionnelle, ce que moi je n’avais pas pu avoir », avait-il ajouté. Quitte à louvoyer ? Oui.

Aujourd’hui, il assume pleinement ses actes au point de les revendiquer. Il a la chance d’avoir le soutien de la maison Chanel. Via l’école de mode qu’il a créée à Villiers-sur-Marne, il accompagne le retour à l’emploi, notamment des personnes au chômage ou bénéficiaires des minima sociaux.

Enfin, sa collection automne-hiver 2026/2027, puisque c’est cela dont il est question in fine, est non seulement un hommage à Madame Grès à laquelle il voue son admiration, mais une magnifique démonstration qu’avec de la fermeté dans ses projets on peut explorer son monde intérieur et trouver sa patte de créateur. Par extension, son univers de marque. À ce niveau d'authenticité, Mossi devrait être gracié.

Mossi PFW FW26 Credits: Mossi
Anna Wintour
FW26
Mossi
PFW