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Amandine Ohayon, la dirigeante qui structure le rêve Givenchy

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Amandine Ohayon Credits: Vera Wang and Amandine Ohayon - courtesy of Pronovias Group
Par Diane Vanderschelden

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Depuis le 9 janvier 2026, Amandine Ohayon préside aux destinées de Givenchy. Entre rigueur héritée de l’école L’Oréal, pragmatisme forgé au contact du Private Equity et sensibilité créative, cette diplômée de l’ESSEC a pour mission de stabiliser l’une des maisons les plus aristocratiques du portefeuille LVMH aux côtés de Sarah Burton.

Portrait d’une dirigeante qui « accepte l’erreur, mais exige des solutions ».

De l’ESSEC à la “science du retail”

Si le luxe est une affaire de rêve, Amandine Ohayon sait que sa pérennité repose sur une exécution millimétrée. Son socle intellectuel, elle le forge à l’ESSEC, avant de passer près de deux décennies au sein du groupe L’Oréal. C’est dans la division Luxe, notamment chez Lancôme et YSL Beauté, qu’elle apprend la « science du retail » : pilotage de réseaux internationaux, discipline opérationnelle et maîtrise des équilibres entre image de marque et performance commerciale.

Cette double culture, cosmétique et mode, constitue aujourd’hui un atout stratégique. Chez Givenchy, où les parfums et le maquillage sont des moteurs de croissance aussi structurants que le prêt-à-porter, sa capacité à faire dialoguer ces univers répond à un enjeu clé d’alignement de marque, mis en avant par le management du groupe lors de sa nomination.

Piloter la transformation en contexte de crise

En 2018, elle quitte l’univers des grands groupes pour relever un défi de transformation. Recrutée par le fonds BC Partners pour diriger Pronovias, elle doit piloter le leader mondial de la robe de mariée dans un contexte inédit : la pandémie, qui met à l’arrêt un marché fondé sur l’événementiel et la célébration. Elle y casse les silos, accélère la digitalisation, impose une vision plus inclusive et démontre une capacité rare à gérer l’urgence tout en préparant le long terme.

Son passage chez Stella McCartney entre 2023 et 2025 parachève ce profil hybride. À la tête d’une maison pionnière en matière de durabilité, elle affine sa lecture des enjeux RSE et sa manière de travailler avec des créateurs à forte personnalité. Elle quitte la marque alors que celle-ci retrouve son indépendance, donnant à son mandat des airs de mission de transition réussie.

Leadership hands-on : exigence, responsabilisation et collectif

Le style Ohayon se résume dans une maxime qu’elle a déjà formulée dans la presse : accepter l’erreur, à condition qu’elle s’accompagne de solutions. Pas de place pour la plainte stérile ; priorité à l’action, à la responsabilisation et au travail collectif. Ce leadership « hands-on » est confirmé par d’anciens collaborateurs. Nicala La Reau, ex-directrice marketing chez Pronovias, décrit une dirigeante capable aussi bien de retravailler des visuels en magasin que de débattre d’une stratégie de lancement.

Elle souligne une ténacité qui transforme les difficultés en opportunités de croissance et une manière de diriger qui rappelle que personne n’est au-dessus du travail collectif. Cette proximité avec le terrain s’accompagne d’une obsession du client, d’une attention à la féminisation des équipes de décision et d’une volonté de protéger les talents créatifs en leur offrant un cadre opérationnel solide.

Redéfinir l’architecture de marque

L’arrivée d’Amandine Ohayon intervient dans une phase charnière pour Givenchy. La maison ne cherche pas seulement une nouvelle esthétique : elle doit reconstruire une cohérence globale entre couture, prêt-à-porter, accessoires et parfums. Le véritable défi ne sera pas uniquement de soutenir la vision de Sarah Burton, mais de bâtir une architecture de marque lisible, capable d’aligner image, distribution et rentabilité. Dans un luxe post-2020 où la croissance ne peut plus être uniquement alimentée par l’aura créative, son profil correspond à une tendance de fond : le retour des dirigeants bâtisseurs, capables de transformer une vision artistique en système économique durable.

Le luxe comme récit : héritage, marchés clés et expérience émotionnelle

Amandine Ohayon arrive ainsi dans une maison en quête de second souffle. Son agenda est clair : réconcilier l’héritage d’Hubert de Givenchy avec les attentes d’une clientèle ultra-connectée, sécuriser les marchés clés en s’appuyant sur sa connaissance des États-Unis et de l’Asie, et créer une expérience émotionnelle qui dépasse le produit pour inscrire la marque dans une relation durable. Pour elle, le luxe contemporain n’est plus seulement une question de logo ou de désir immédiat, mais de récit, de cohérence et d’engagement.

Le chiffre qui résume un parcours

Le chiffre à retenir est 25 : c’est le nombre d’années d’expérience cumulées par Amandine Ohayon dans le luxe international avant de prendre les rênes de la maison de l’avenue George V. Un quart de siècle de préparation pour l’un des postes les plus névralgiques du paysage mode.

Amandine Ohayon
Givenchy