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Trashy Clothing : la mode palestinienne entre récit politique, pop et culture queer

Mode|Compte rendu
Alana Hadid pour Trashy Clothing PFW FW26 Credits: Trashy Clothing
Par Florence Julienne

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La marque palestinienne Trashy Clothing a défilé pour la première fois à Paris Fashion Week (hors calendrier), le 7 mars 2026. La collection automne-hiver 2026/2027, intitulée « In Divine Trust », inscrit son univers visuel entre le récit politique et la culture pop queer au Moyen-Orient. Guest stars du défilé : Alana Hadid et Mia Khalifa.

Trashy Clothing a été fondée par Shukri Lawrence, né et élevé à Jérusalem, et Omar Braika, né à Amman dans une famille de réfugiés palestiniens. Interviewé par FashionUnited au moment du conflit avec Israël, Shukri Lawrence expliquait que la marque exprimait leur histoire familiale liée à la Palestine, mais aussi la culture populaire et l’artisanat local.

« Beaucoup de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie ou à Jérusalem ne savent pas à quoi ressemble Gaza. Nous n’y sommes jamais allés, nous ne pouvons pas y aller, confiait-il. Nous partageons notre expérience personnelle à travers des vêtements, comme une forme d’art qui raconte notre histoire. Notre réalité est politique, donc ce que nous faisons l’est aussi. »

Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing

Si le studio est aujourd’hui installé à Amman et que la production est fragmentée par les contraintes géopolitiques, Shukri Lawrence expliquait continuer de travailler avec des artistes, peintres ou artisans palestiniens.

La collection automne-hiver 2026/2027 évoque la coexistence entre vie quotidienne et présence militaire

Cette expression textile de la réalité palestinienne s’incarne dans le premier défilé parisien de Trashy Clothing. Présentée à l’Institut du Monde Arabe pendant la Fashion Week Paris (hors calendrier), la collection s’intitule « In Divine Trust ».

Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing

« Ici, l'absurdité fonctionne comme une structure quotidienne. Sous l'occupation, la vie ordinaire se déroule à côté de la présence militaire. La surveillance coexiste avec les salons de coiffure. Les postes de contrôle côtoient les salles de sport. Le contrôle s'immisce dans des actes simples comme traverser une rue ou faire une course. Avec le temps, la contradiction s'installe dans la routine. La collection reflète cette situation » indique le communiqué.

Pour acter cette dimension politique, les créateurs ont demandé à Alana Hadid de défiler. La sœur de Gigi et Bella Hadid n’est pas mannequin mais cofondatrice de la marque La Detresse et engagée, à l’instar de sa famille, en faveur de la cause palestinienne.

Alana Hadid Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing

Trashy Clothing ou l’expression d’une culture pop, queer et libératrice du corps féminin au Moyen-Orient

« Nous avons une culture pop et queer au Moyen-Orient et nous utilisons ces codes visuels pour chaque collection, expliquait Shukri Lawrence. Nous avons une page d’archives sur Instagram qui recense la culture pop queer du Moyen-Orient. Nous aimons utiliser l’humour, à l’instar de nombreux artistes et cinéastes palestiniens. »

Mia Khalifa, Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing

Ainsi, l’univers visuel de la marque s’inscrit dans cette culture queer moyen-orientale à travers des silhouettes qui dévoilent des corps en mouvement, comme pour sortir des contraintes.

Côté accessoires, on retrouve le Keffieh, foulard devenu symbole de l’identité palestinienne, et le Fez hat, ou tarbouche, petit chapeau rouge cylindrique nanti d’un pompon porté pour les cérémonies. Les silhouettes sont également accompagnées de bijoux de la marque Sheytan, dont le nom signifie « diable » en arabe.

Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing
Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing

Enfin, autre apparition remarquée : Mia Khalifa, ancienne actrice pornographique libanaise, a défilé pour Trashy Clothing. De quoi faire rayonner sur la scène mode de Paris Fashion Week, l’idée que la liberté et l’expression de soi n’ont pas de frontière.

Mia Khalifa, Trashy Clothing FW26 Credits: Trashy Clothing
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