Les Américains Rodarte et Proenza Schouler au diapason de la haute couture

Jeunes filles en fleur chez Rodarte, citadines modernes chez Proenza Schouler: les deux griffes américaines, qui ont déserté les podiums new-yorkais pour Paris, ont ouvert le bal des défilés dimanche avec des collections à l'esprit proche de la haute couture.

Si ces deux marques phares de la mode américaine ne bénéficient pas de l'appellation "haute couture", elles ont pourtant bien convoqué l'artisanat et les métiers d'art dans leurs collections printemps-été 2018, où abondaient, dans des styles différents, volants, tulle et broderies.

Ces deux griffes font partie des nouveaux "invités" au programme des défilés de haute couture qui se tiennent jusqu'à mercredi à Paris.

L'esprit lingerie de Proenza Schouler

Dans le cloître du lycée Jacques Decour, au pied de la butte Montmartre, les créateurs Jack McCollough et Lazaro Hernandez ont fait défiler des silhouettes riches en volants, imprimés fleuris et dentelles, mais résolument modernes avec des ouvertures inattendues et un aspect non fini.

Des attaches de corset deviennent des sortes de fermetures éclair permettant d'ouvrir une jupe devant, ou de raccorder le haut et le bas d'une robe. Des rubans flottent le long de la silhouette, la poitrine est mise en valeur par une brassière en cuir sur un haut en maille.

Les chaussures, basses, se font remarquer, avec leurs volants de cuir ou leurs breloques.

Les Américains Rodarte et Proenza Schouler au diapason de la haute couture

Des pantalons en dentelle, des blousons de plumes légères, des jupes mousseuses, longues et évasées, des robes faites de broderies de motifs floraux, donnent la touche "haute couture" à une collection pleine de légèreté, que ses créateurs ont voulu résolument "optimiste".

Les deux designers américains, qui ont lancé leur marque en 2002, ont travaillé avec le brodeur Lesage ainsi qu'avec une série de "petits ateliers parisiens indépendants, plumassiers, tisserands", ont-ils expliqué après le show.

Ce travail a dû se faire à un rythme soutenu: en décidant de défiler à Paris en juillet et non à New York en septembre comme il avait l'habitude de le faire, le duo a eu deux mois de moins pour préparer cette collection printemps-été 2018.

"Cela faisait environ trois ans que nous parlions de venir ici pour présenter notre collection plus tôt, de changer de calendrier, mais c'est vraiment l'année dernière que nous nous sommes décidés", a expliqué à la presse Jack McCollough.

Rodarte: motardes romantiques

C'est également dans un cloître que Rodarte, marque des soeurs californiennes Kate et Laura Mulleavy, avait choisi dimanche d'organiser son show parisien.

Dans les galeries entourant le jardin de l'ancienne abbaye de Port-Royal ont défilé des jeunes filles en robes délicates, tout en transparences, plumetis, broderies et plumes légères. Des gypsophiles parsèment les chevelures, s'accrochent à des bijoux dorés autour des bras.

Pois et volants apportent une touche hispanique. Des bottes pointues comme des santiags viennent contrebalancer le côté romantique, de même que quelques silhouettes de motardes, en cuir, dont les blousons sont percés de perles.

La griffe, très prisée des stars de Hollywood, a opté comme sa compatriote Proenza Schouler, pour les défilés parisiens de juillet plutôt que pour la Fashion week de septembre afin de "gagner du temps pour produire la collection". Mais aussi parce que "la France considère la mode comme de l'art, ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis", a expliqué Kate Mulleavy dans le New York Times.

A.F. Vandevorst: Le chic sac poubelle

Autres nouveaux venus dans le programme parisien, les Belges Filip Arickx et An Vandevorst, mari et femme à la tête du label A.F. Vandevorst, ont utilisé des sacs poubelles et des emballages de pressing pour faire des jupes et des robes finement brodées.

Cette collection automne-hiver 2017 est une ode à "la liberté et à la créativité", a expliqué An Vandevorst à l'AFP.

"C'est une femme qui transforme de vieilles choses en nouvelles, qui prend ce qu'elle trouve, comme un sac poubelle, et se met à le broder. Elle est tellement créative que la matière lui importe peu, tellement chic et sophistiquée qu'elle peut, avec son élégance naturelle, transformer n'importe quoi en quelque chose de super". (AFP)

Homepage photo: A.F. Vandevorst. Credit: bertrand GUAY / AFP

Photo: Proenza Schouler SS18. Credit: Catwalkpictures.com

 

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