La Tahiti Fashion Week, qui s'est achevée vendredi soir sur cette île polynésienne (samedi en métropole), veut s'inscrire dans les grands rendez-vous de la mode, au côté de Paris, New York ou Milan.

Les créateurs tahitiens ont présenté leurs collections, qui mêlent les influences internationales aux matières locales : la perle noire de Tahiti, la nacre, le monoï ou même le paréo. Ils subliment aussi le savoir-faire polynésien, comme le tressage végétal ou l'art du tapa, une étoffe fabriquée à partir d'écorce battue.

"Le tapa était un symbole de la royauté, et pourtant on a du mal à l'intégrer dans la mode, donc mon idée, c'est de le rendre glamour, sexy, avec des coupes modernes comme le tailleur ou la robe droite", explique à l'AFP Soumia Handachy, une styliste locale qui présentait sa collection.

Nicole Miller, créatrice de la marque éponyme, était l'invitée d'honneur de la Tahiti Fashion Week. Elle qui habille régulièrement Angelina Jolie ou Beyoncé n'a pas hésité à présenter ses créations aux antipodes des capitales de la mode. "Il faut voyager, aller vers les autres pour se renouveler, et la mode d'ici mérite de s'exporter, il y a de vraies idées", estime-t-elle.

Des stylistes tahitiens commencent à percer à l'étranger, comme Raimana Cowan à New York ou Karl Wan à Paris. "On est des incubateurs de mode : la Tahiti Fashion Week inspire les créateurs et les distributeurs de vêtements, c'est un avant-goût de ce qu'on va voir dans six mois à Tahiti", analyse Agnès Genefort, l'une des organisatrices de ce temps fort de la mode polynésienne. Trente-neuf créateurs ont présenté leur travail lors de trois soirées cette semaine.

Des agences de mannequins ont observé les douze modèles qui ont présenté ces collections. Et ce concours de mannequinat a été remporté par Hinanui Campello, 17 ans. Elle posera pour l'agence italienne Brave Model à Milan, avec les deux autres lauréates du concours, Lucie Gonnet et Tizia Barnac.

"Je pense qu'on va signer un contrat avec au moins deux d'entre elles, et pour au moins deux ans", précise Giorgio Barbieri, le représentant de cette agence. Les trois jeunes filles se disent prêtes à cette expérience milanaise, mais pas à abandonner leurs études. Hinanui Campello passera ce lundi son bac de français, et les deux autres lauréates, âgées de 15 ans, ne sont qu'en seconde. (AFP)

 

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