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Comment Nicolas Di Felice a réinscrit Courrèges dans la modernité

Sous la direction de Nicolas Di Felice, Courrèges a retrouvé une dynamique créative en réinterprétant les codes Space Age de son fondateur.
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Courrèges automne-hiver 2026 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight
Par Jule Scott

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Malgré plus de deux décennies de carrière, Nicolas Di Felice est toujours resté un outsider parmi ses pairs des grandes maisons de luxe — perçu comme un éternel nouveau venu, sinon dans la pratique, du moins dans l’imaginaire collectif. Ses cinq années à la tête de Courrèges (une longévité remarquable au regard du turnover effréné des directeurs artistiques aujourd’hui) semblaient pourtant avoir fait évoluer cette image. Sous son impulsion, l’historique maison française avait retrouvé son élan créatif et une identité limpide. Mais avec l’annonce de son départ ce mardi, ce chapitre se referme désormais.

Une déclaration d'intention

Lorsque Di Felice a pris la direction créative de Courrèges en 2020, il a hérité de ce qu'il a plus tard décrit comme « une magnifique maison où tout devait être reconstruit ». La maison historique avait depuis longtemps perdu l'énergie qui, sous son fondateur André Courrèges, en avait fait un haut lieu de l'innovation Space Age. La relance de 2011 a été suivie par près d'une décennie de stagnation.

Nicolas Di Felice Crédits : Courrèges

Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant – qui connaissent aujourd'hui le succès avec leur propre marque Coperni – ont apporté une énergie nouvelle de 2015 à 2017, tandis que Yolanda Zobel a ensuite tenté de rendre la maison plus durable et de s'éloigner de l'emblématique vinyle, mais aucune de ces approches n'a réussi à s'imposer sur le long terme.

Avec l'arrivée de Di Felice, ce cycle semblait enfin brisé, bien qu'il ait pris ses fonctions durant l'une des périodes les plus incertaines de l'industrie de la mode. Sa nomination en septembre 2020, en plein confinement dû au coronavirus, aurait pu s'avérer risquée. Au lieu de cela, avec le recul, le timing s'est révélé être un heureux hasard.

Chez Courrèges, Di Felice a apporté une philosophie de design soigneusement développée, mûrie pendant plus de deux décennies. Sa formation à La Cambre, la célèbre école de design de Bruxelles, où il a étudié au début des années 2000, a jeté les bases d'une approche qui allait façonner son travail ultérieur : conceptuelle, mais toujours ancrée dans les réalités pratiques de la coupe et de la construction. Cette philosophie s'est approfondie au cours d'expériences formatrices dans trois des maisons de mode les plus prestigieuses de l'industrie.

Chez Balenciaga, une maison de couture où André Courrèges a lui-même perfectionné son art, il a travaillé sous la direction de Nicolas Ghesquière, aujourd'hui directeur de la création chez Louis Vuitton. Il a ensuite passé du temps chez Dior sous la direction de Raf Simons, où il a affiné sa compréhension de la pensée d'avant-garde et de la précision technique. Plus tard, il a retrouvé Ghesquière chez Louis Vuitton, où il a travaillé pendant cinq ans, jusqu'à devenir designer senior pour le prêt-à-porter féminin, avant d'être finalement nommé chez Courrèges.

La manière dont Di Felice a finalement obtenu le poste reste, comme souvent dans la mode, quelque peu mystérieuse. Selon la version la plus répandue, il aurait écrit directement à la famille Pinault, propriétaire du groupe de luxe Kering, qui avait acquis une participation majoritaire dans la marque en 2018 via sa holding Artemis, sept ans après qu'André et Coqueline Courrèges en aient cédé le contrôle. Au lieu de présenter un grand manifeste ou de surjouer ses références, Di Felice aurait simplement expliqué ce qui le fascinait dans la maison et ce qui, selon lui, était nécessaire pour faire revivre son héritage. Quoi qu'il ait écrit, cela, combiné à son impressionnant CV, a manifestement convaincu, même s'il a dû attendre neuf mois avant de pouvoir présenter sa vision.

Lorsqu'il l'a finalement fait, Di Felice a touché juste, répondant exactement à ce dont le monde aspirait pendant l'isolement. Il a réinterprété les codes Space Age du fondateur datant des années 1960, les traduisant en silhouettes près du corps et en une esthétique hédoniste dont les clubbers ne pouvaient que rêver pendant les confinements. Lorsque le monde s'est rouvert, ses interprétations modernes des vestes en vinyle, des bottes go-go, des mailles côtelées et des ourlets ultra-courts ont immédiatement trouvé leur public. Les critiques et les clients ont réagi tout aussi positivement, non seulement aux vêtements, mais aussi aux mises en scène entourant les collections.

Les défilés à l'heure des réseaux sociaux

Une grande partie de ce dialogue s'est déroulée sur les défilés et les réseaux sociaux. Di Felice possédait un sens instinctif de la mise en scène qui a marqué sa génération. Ses défilés, toujours créés sur une scène rectangulaire caractéristique conçue par le designer Rémy Brière et accompagnés des bandes sonores du producteur Erwan Sene, ressemblaient moins à des défilés de mode classiques qu'à des soirées club underground.

Courrèges printemps-été 2023 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight

À cela s'ajoutaient des scénographies élaborées, comme une tempête de sable tourbillonnante et des confettis colorés pulsant au rythme de la musique, inspirées des peintures de l'artiste américain Dan Colen. On se souvient particulièrement d'un défilé où les mannequins déambulaient sur le podium, la tête baissée, les yeux rivés sur leur smartphone. C'était peut-être un commentaire pointu sur la culture contemporaine, à la fois critique et autoréflexif. Ces moments ont transformé les défilés en événements culturels, générant précisément le type de buzz et de dynamique sur les réseaux sociaux qui est devenu une monnaie d'échange cruciale dans la mode moderne.

Courrèges automne-hiver 2023 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight
Courrèges automne-hiver 2025 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight

Il est difficile de savoir si Di Felice pressentait déjà son départ imminent lorsqu'il a conçu sa dernière collection. Le défilé automne-hiver 2026 est cependant apparu comme l'aboutissement délibéré de son travail. Intitulée « 24 Hours in the Life of a Courrèges Woman », la présentation a servi de rétrospective de tout ce qui a marqué son mandat de cinq ans, condensant ses thèmes créatifs en un récit cohérent. Inspirée d'une photo vintage d'une jeune Parisienne des années 1960, la collection retraçait une journée dans la vie de la cliente Courrèges moderne, du matin à minuit, illustrée par une succession de looks soigneusement orchestrée.

Courrèges automne-hiver 2026 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight

Les premières tenues brouillaient la frontière entre l'intime et le public, avec des pièces rappelant le linge de lit et faisant référence à une image d'archive de Courrèges où un mannequin tient un carré blanc. Au fil de la journée, la collection est devenue de plus en plus urbaine.

Courrèges automne-hiver 2026 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight
Courrèges automne-hiver 2026 Crédits : ©Launchmetrics/spotlight

Nicolas Di Felice chez Alaïa ?

Pour Di Felice et Courrèges, leur histoire commune s'est terminée mardi, tandis que la marque entame un nouveau chapitre et annoncera son successeur la semaine prochaine. Di Felice lui-même se consacre officiellement à des projets personnels, mais dans l'industrie, les spéculations vont déjà bon train sur sa prochaine destination. La maison de couture française Alaïa, où le poste de directeur de la création est vacant depuis le départ de Pieter Mulier, est actuellement la favorite des rumeurs – et contrairement à de nombreuses spéculations sur les changements de designers, celle-ci semble tout à fait plausible.

La dernière collection du créateur sur le départ fournit déjà un argument convaincant en ce sens. Les pièces qui brouillent la frontière entre la sculpture et le vêtement, ainsi que l'attention méticuleuse portée à la construction derrière les idées conceptuelles, sont précisément les qualités qui définissent la philosophie de design d'Alaïa.

Mais surtout, Di Felice a démontré une capacité rare : respecter l'héritage d'une maison de couture sans se laisser contraindre par celui-ci, raviver ses codes sans se mettre en avant. Il n'a pas renouvelé Courrèges en effaçant son passé, mais en laissant la vision du fondateur s'exprimer à travers des perspectives contemporaines. Une sensibilité qui serait d'une valeur inestimable pour une maison aussi historique et appréciée qu'Alaïa, si les rumeurs se confirmaient.

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Cet article a été traduit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle, puis vérifié et édité par un journaliste de FashionUnited.

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