Chants du cygne chez Balenciaga et Chloé, Schiaparelli prêt à être porté
Paris - Au quatrième jour de la semaine de la mode féminine à Paris, Chloé et Balenciaga n'ont rien laissé paraître des rumeurs de départ qui visent leur directeur artistique, Schiaparelli a brillé dans la cour carrée du Louvre et Rick Owens a troqué le noir pour la pierre.
Chloé en archétypes
Entre broderies et vinyle brillant, robes évanescentes et cirés éclatants, Chemena Kamali a livré jeudi pour la maison Chloé une collection pour "explorer les archétypes de Chloé, jamais les stéréotypes".
La directrice de création allemande, en fonction depuis 2023, a été saluée par une standing ovation à la fin du défilé de cette collection "Obsession", dans les jardins de l'Observatoire de Paris.
Le quotidien spécialisé WWD y a vu un possible "chant du cygne". Selon le média d'investigation Glitz, Chemena Kamali serait sur le départ. Elle n'en a rien laissé transparaître, sous les regards de Claudia Schiffer, Cynthia Erivo, Maude Apatow, Emma Mackey ou encore Lou Doillon.
Balenciaga, corail menacé
Intitulée "Les coraux de la liberté", en référence à une oeuvre de l'artiste française Aude Franjou, la collection printemps-été 2027 de Pierpaolo Piccioli pour la maison Balenciaga a été présentée autour d'une immense sculpture textile en forme de corail, dans des tons orangés.
Plusieurs robes entièrement orange, certaines recouvertes de fleurs en organza, évoquent directement l'univers corallien et son mouvement ondulant.
Fidèle à la tradition de la maison, avec des coupes élégantes et des volumes prononcés, Piccioli propose des robes aux formes bouffantes et aux finitions en couches superposées, des pantalons cargo à multiples plis, des bombers et des blouses à la taille ondulée.
"C'est probablement l'interprétation la plus personnelle de Cristóbal (Balenciaga)", a reconnu le designer romain, arrivé chez Balenciaga il y a un an après 25 ans chez Valentino.
Selon des informations du site spécialisé Miss Tweed, non confirmées par la marque, le groupe Kering envisagerait de le remplacer, les ventes n'étant pas à la hauteur des attentes de la maison mère.
Rick Owens, pierre qui roule amasse la foule
Maître d'un gothique érigé en art de vivre, de penser et de se vêtir, Rick Owens a délaissé son cuir et son latex noir de jais emblématiques au profit de tons plus minéraux, dans une collection qui, selon lui, s'inspire de la pierre.
Son armée de mannequins a enfilé des pantalons amples et flottants, des tuniques et des micro-vestes, ainsi qu'une série de robes très portables aux teintes pâles, lors d'un défilé spectaculaire organisé au milieu des fontaines, à l'extérieur du musée d'Art moderne de Paris.
Schiaparelli confirme l'essai prêt-à-porter
Le créateur texan Daniel Roseberry, auteur d'une hybridation improbable mais saluée entre son Texas natal et le très chic Paris de la créatrice Elsa Schiaparelli (1890-1973), a reconnu avoir tâtonné pour cette deuxième saison dans l'univers du prêt-à-porter.
"Si notre identité couture était relativement facile à définir, il était, je l'admets, plus difficile de déterminer qui et quoi Schiaparelli représentait sur un marché du prêt-à-porter déjà saturé", écrit-il dans sa note d'intention.
Au coeur du carrousel du Louvre, les décolletés sculpturaux, les bijoux dorés et le "Noir Schiap" drapé avec l'ivoire ont donné une cohérence à cette collection pensée comme un "mix and match", des pièces à assembler pour une allure qui évoque immédiatement la griffe.