Walmart fait mieux que prévu, mais le consommateur est sous pression
New York - L'enseigne américaine de grande distribution Walmart a publié jeudi un chiffre d'affaires supérieur aux attentes pour son premier trimestre décalé (de février à avril), mais ses dirigeants ont prévenu que les consommateurs américains étaient contraints par le retour de l'inflation.
Le chiffre d'affaires ressort à 177,8 milliards de dollars, en hausse de 7% par rapport à la même période de l'année précédente, selon un communiqué, soit mieux que les prévisions de l'entreprise, qui tablait sur une fourchette comprise entre 3,5% et 4,5%.
Présent sur internet depuis longtemps, Walmart en a fait une priorité stratégique depuis 2016 avec le rachat de la start-up Jet.com, l'un des acteurs les plus dynamiques du secteur.
Le groupe de Bentonville (Arkansas) a capitalisé sur son réseau de magasins et d'entrepôts pour assurer les livraisons rapides et à coûts maîtrisés de commandes en ligne, pour refaire son retard sur Amazon.
Au premier trimestre, les ventes sur internet ont progressé de 26% sur un an. Elles pèsent désormais 23% du chiffre d'affaires total de la société. Cet axe numérique a aussi permis à Walmart de développer une activité publicitaire en ligne, désormais significative. Le groupe a aussi créé Walmart Marketplace, une plateforme ouverte aux sociétés tierces, à l'instar du modèle d'Amazon.
Il a également lancé, il y a un peu moins d'un an, un assistant d'intelligence artificielle (IA) baptisé Sparky, qui accompagne les clients dans leurs achats.
Pression sur les consommateurs
En contrepoint de la croissance du groupe, ses marges ont été affectées par la hausse du prix du carburant. Le contexte géopolitique et l'accélération de l'inflation affectent aussi les clients.
"Aux Etats-Unis, les consommateurs sont sous pression et ils se tournent vers Walmart pour de bonnes affaires", a déclaré le patron John Furner, dont c'était le premier trimestre à la tête du leader mondial de la grande distribution.
Le directeur financier, John David Rainey, a indiqué que la quantité moyenne d'essence achetée dans les stations services du groupe était tombée au plus bas depuis 2022. "C'est un indicateur de tension" pour les clients, qui modèrent leur consommation, a-t-il expliqué.
Si le détroit d'Ormuz reste fermé et les cours du pétrole élevés, "cela pourrait entraîner des hausses de prix" chez Walmart, a prévenu le responsable, en particulier dans l'alimentation.
Le bénéfice net atteint 5,49 milliards de dollars, en hausse de 18%. Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, donnée de référence pour les investisseurs, il s'affiche à 66 cents, en ligne avec les projections des analystes. Malgré le rythme du premier trimestre (+7%), Walmart a confirmé ses prévisions annuelles et sa fourchette de 3,5% à 4,5% de croissance, ce qui signifie qu'il s'attend à un ralentissement durant les trimestres à venir. Cette perspective a échaudé les investisseurs. Dans les échanges électroniques préalables à l'ouverture de Wall Street, l'action abandonnait près de 4%.
"Certains investisseurs ont trouvé ces prévisions un peu décevantes", a commenté Neil Saunders, analyste de GlobalData. Mais l'analyste voit lui le verre à moitié plein, saluant la capacité de Walmart à maintenir ses objectifs "malgré une sérieuse dégradation de la situation financière des consommateurs du fait de l'essence et de l'inflation".
Etre capable de réaliser une croissance annuelle telle que celle attendue par le groupe constituerait "une solide expansion" et permettrait au groupe de gagner des parts de marché, a fait valoir l'analyste.
Sur le plan géographique, le géant de la distribution a été porté par l'international, avec des ventes supérieures de 18% à celles de la même période de 2025. Cet élan compense la moindre croissance de l'enseigne Walmart aux Etats-Unis (+4,5%) et de sa filiale de magasins à bas prix Sam's Club (+6,1%). Pour autant, la progression des revenus aux Etats-Unis était la plus élevée depuis un an et demi, a souligné John Furner.
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