Taxe Gafa : Trump surtaxera-t-il les produits français ?

Lundi 2 décembre, les Etats-Unis ont menacé de taxer à 100 pour cent les produits français, en représailles à l’instauration de la taxe Gafa sur les géants du numérique, dont les leaders américains Google, Apple, Facebook et Facebook. Parmi les produits concernés par ces droits de douanes additionnels, les cosmétiques et les sacs à main, dont la France est un très gros exportateur. Egalement dans le viseur, des produits aussi spécifiquement français que le champagne ou certains fromages.

A la Bourse de Paris, l’impact a été immédiat sur les valeurs du luxe. Mardi à mi-journée, LVMH, Hermès et Kering perdaient globalement 2 pour cent.

Entrée en vigueur en juillet dernier, la taxe Gafa a été imaginée par Bercy pour imposer les rois du numérique à hauteur de 3 pour cent du chiffre d’affaires réalisé en France. Un dispositif conçu pour toucher les plateformes présentes dans le monde entier mais qui échappent à l’impôt en France en jouant de l’optimisation fiscale. Et qui vise principalement, de fait, les leaders américains.

D’où le différend qui monte actuellement entre la France et les Etats-Unis. Déjà, avant le G7 organisé à Biarritz cet été, Donald Trump avait menacé de taxer le vin français si cette taxe était appliquée. Mais un compromis semblait avoir été trouvé à la fin du sommet. La France s’était engagée à renoncer à sa taxe Gafa à condition qu’une taxe visant les plateformes multinationales du numérique soit adoptée par l’Ocde.

Un différend commercial qui enfle

Pour autant, la tension a repris de plus belle pendant le sommet de l’Otan, à Londres, où Donald Trump a remis sur le tapis l’épineux sujet. Il s’appuie sur une enquête ouverte sur la taxe Gafa par le représentant américain au Commerce, (USTR) concluant que cette législation française porte préjudice aux entreprises américaines. « L'USTR s'attache à lutter contre le protectionnisme croissant des États membres de l'Union européenne, qui ciblent injustement les entreprises américaines », a commenté le représentant dans un communiqué lundi.

« Le rapport de l'USTR envoie un signal clair à la France, et avertit les autres pays qui sont en train de finaliser des mesures similaires que des taxes discriminantes ne seront pas tolérées », a réagi Matt Schruers, directeur exécutif de la fédération de l'industrie de l'informatique et des communications (CCIA), dans un communiqué. Les autres pays concernés au premier chef sont l’Autriche, l’Italie et la Turquie.

Dès lundi le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire, au micro de France Inter a prévenu que la France ne renoncerait « jamais » à la taxe Gafa. Surtout, selon lui, et au-delà de « sa » taxe, les Etats-Unis rechignent à un grand accord international sur la fiscalité du numérique : « Après avoir réclamé une solution internationale à l’Ocde, Washington n’est pas sûr d’en vouloir », a-t-il déclaré. Il a encore haussé le ton mardi qualifiant « d’inacceptables » les sanctions dont les Etats-Unis menacent la France. « La taxe française n’est pas discriminatoire (…). Elle comprend des entreprises américaines, des entreprises françaises, européennes et chinoises » a -t-il souligné.

In fine, en marge du sommet de l’Otan, Donald Trump a semblé vouloir jouer l’apaisement : « Ce n’est qu’un différend mineur. Je pense que nous allons probablement pouvoir le surmonter » a déclaré le locataire de la Maison Blanche lors d’une rencontre avec Emanuel Macron. De son côté, le président français s’est montré confiant : « Je pense qu’avec le président Trump nous pouvons régler cette situation » a-t-il commenté. A suivre ….

photo : made in USA

 

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