Réindustrialisation : quels sont les objectifs de l’Alliance du Fabriqué en France ?
Lancée fin janvier par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), l’Alliance du Fabriqué en France s’inscrit dans une volonté de relancer la production industrielle nationale.
Trois mois plus tard, alors que de nouveaux modèles économiques, notamment portés par la creator economy, redéfinissent les dynamiques de valeur, met en avant une série d’objectifs pour valoriser la production nationale et recréer de la valeur sur le territoire.
Cette initiative portée par la CPME a été cofondée avec la CFTC, la CFE-CGC, le salon du Made in France, le label Origine France Garantie, l’Union des Industries Textiles (UIT) et Réseau Excellence EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant).
L’Alliance du Fabriqué en France réunit organisations patronales, partenaires sociaux et acteurs de filière autour d’un objectif commun : renforcer la production industrielle sur le territoire national.
Le « Made in France » est vu comme un projet économique et social qui s’inscrit dans un contexte concurrentiel : pression des plateformes chinoises d’ultra fast fashion et nécessité de répondre aux transitions écologiques et numériques.
L’objectif macroéconomique est de faire passer la part de l’industrie de 9 % à 13 % du PIB
La commande publique, levier central mais sous-exploité
La commande publique est considérée comme un levier immédiat d’activité pour les PME. Elle représente au moins 170 milliards d’euros par an, mais seulement 22 % des achats seraient aujourd’hui orientés vers la production française.
L’enjeu consiste à dépasser une logique fondée uniquement sur le prix, pour intégrer des critères plus larges tels que l’emploi local, les retombées fiscales ou encore l’impact sur les territoires. Selon une étude menée par l’Union des Industries Textiles (UIT) et KPMG, une entreprise produisant en France réinjecterait en moyenne 84 % de son chiffre d’affaires dans l’économie nationale, contre 35 % pour un importateur.
Un besoin de formation pour répondre aux besoins industriels
Les entreprises, en particulier les PME, font face à des difficultés de recrutement, notamment sur des profils techniques.
L’objectif est d’adapter l’offre de formation aux besoins du tissu productif, tout en renforçant l’attractivité des métiers industriels. Cette montée en compétences est envisagée comme un moyen de sécuriser les parcours professionnels, mais aussi de soutenir l’innovation et la montée en gamme de la production française.
Orienter l’épargne vers l’investissement productif
Troisième axe : le financement de l’industrie, via une meilleure mobilisation de l’épargne. Si celle des Français est jugée abondante, elle reste encore peu dirigée vers les entreprises productives.
L’Alliance entend ainsi identifier des mécanismes permettant de flécher davantage de capitaux vers l’investissement industriel, en particulier en direction des PME. L’enjeu porte à la fois sur la modernisation des outils de production et sur la relocalisation de certaines activités.
Pour ces trois leviers d'action, l’Alliance revendique une approche structurée, fondée sur la priorisation des chantiers, la mise en œuvre de mesures concrètes et un suivi dans la durée. Son action dépend désormais de leur inscription à l’agenda politique.
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