Quelles seront les grandes tendances du retail de demain?

La baisse du trafic dans les magasins n’est pas irréversible. C’est l’enseignement que l’on tire du bilan effectué par le panel Procos qui stipule que le commerce spécialisé est en hausse cette année de 2,1 pour cent au mois de mai, et de 0,3 pour cent en juin (par rapport aux mêmes mois de l’année 2018). Ce qui porte la performance du premier semestre à une hausse de 0,5 pour cent en France. Les enseignes de sport sont avec celles de la beauté, les mieux portantes de juin 2019, avec des hausses respectives de 5,3 et 5,7 pour cent versus juin 2018.

Cette embellie est confirmée par une enquête présentée en juillet par l’agence Havas Paris en partenariat avec le salon Paris Retail Week qui s’adresse à l’ensemble des professionnels du retail et du e-commerce, et dont la prochaine édition se déroulera du 24 au 26 septembre prochain au parc des expos de la Porte de Versailles. Cette enquête qui présente les grandes tendances du commerce de demain stipule en tout premier lieu que le commerce physique séduit toujours. « On observe un peu partout dans les grandes métropoles mondiales un regain d’attrait pour le magasin physique » précise clairement l’étude.

Ce regain ne concerne pas les petites et moyennes agglomérations françaises ou les temps sont difficiles. Néanmoins, il faut constater que les pures players du net, comme Zalando, Everlane, Amazon et Alibaba, ouvrent tous des points de vente. Une constatation conforme aux souhaites des consommateurs. L’étude Havas Paris indique que 69 pour cent des consommateurs français souhaitent que les marques présentes uniquement sur le web ouvrent des magasins physiques. Cette volonté des consommateurs francais est partagée par les clients d’Outre-Atlantique (58 pour cent) et les consommateurs chinois (88 pour cent).

Quatre tendances de fond : l’écologie, la radicalité, le besoin de tester, et l’IA

Les chiffres émanant de Procos et les constatations formulées par l’enquête Havas Paris sont encourageantes. Pour peaufiner leurs stratégies, voici à l’intention des professionnels du retail, les grandes tendances autour desquelles s’articuleront le retail de demain. La première tendance concerne l’écologie. En France, 80 pour cent des consommateurs ont le sentiment que le commerce génère trop de pollution (contre 75 pour cent pour les consommateurs chinois et 55 pour cent pour les américains). Les retailers doivent impérativement prendre en compte ce sentiment et l’intégrer à leur offre. Cette nouvelle donne laisse à penser que le marché de l’occasion aura vocation à croitre encore dans les prochaines années. En France, stipule l’étude menée par Paris Retail Week, plus d’un citoyen sur deux a acheté un bien d’occasion au cours des six derniers mois.

Autre tendance de fond : la radicalité. Les boutiques interchangeables et standardisées ne correspondent plus au ton de l’époque. Les chiffres communiquées par l’étude Havas Paris sont éloquents : 70 pour cent des consommateurs français ont le sentiment que tous les magasins se ressemblent. 66 pour cent de ces mêmes consommateurs souhaiteraient voir des magasins dont l’offre change souvent et proposent régulièrement de nouvelles expériences. Les boutiques qui continuent de séduire les clients sont celles qui prodiguent une atmosphère sinon chaleureuse, du moins singulière en terme de décoration et d’ameublement. Sans même parler de concept store, les boutiques qui ressemblent à des appartements bénéficient d’un engouement croissant. L’exemple à suivre : les deux boutiques Dries Van Noten au quai Malaquais.

Autre tendance confirmant la vitalité du commerce physique : le besoin de tester. 74 pour cent des sondés français déclarent être frustrés de ne pas pouvoir essayer les produits lorqu’ils achètent sur internet, tout comme les américains (63 pour cent) et les chinois (80 pour cent). Les retailers doivent capitaliser sur cette frustration qui implique que le plaisir d’achat passe aussi par l’expérience proposée par le commerçant. 82 pour cent des consommateurs français estiment que leur vrai plaisir dans le shopping, c’est de pouvoir toucher les produits et les essayer. Ce pourcentage est de 73 pour cent aux Etats Unis, de 85 pour cent en Chine.

Cette inclinaison pour l’échange physique doit inciter les retailers à proposer davantage de services à la clientèle, quitte à utiliser si besoin l’intelligence artificielle qui a plus ou moins court terme sera capable d’assurer des fonctions aussi vastes que l’acceuil de la clientèle mais aussi le conseil ou la conception de produits. Un mix utilisant les vertus du digital et les avantages du lieu physique peut s’intégrer dans une expérience globale positive. Chez Moda Operandipar exemple, qui dispose de 2 showrooms accessibles au public à Londres et New York, la cliente trouve à son arrivée une sélection de pièces adaptées à sa taille et à ses goûts, en fonction de l’historique de ses précédents achats sur le site internet de la marque.

Credit photo : Parisretailweek.com

 

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