La Chine autorise la demande de cotation à Hong Kong de Shein
Pékin - La plateforme de vente de prêt-à-porter en ligne Shein a obtenu l'aval du régulateur chinois du marché pour sa demande d'introduction en Bourse à Hong Kong, selon un communiqué officiel publié vendredi.
Le projet de l'entreprise visant à vendre jusqu'à 341,6 millions d'actions et à être coté à Hong Kong a été approuvé, a indiqué l'autorité chinoise de régulation des marchés (CSRC).
Shein, désormais à la Bourse de Hong Kong
L'introduction en bourse du détaillant en ligne n'a pas été simple. La société avait d'abord tenté une entrée à la Bourse de Londres avant de se heurter à divers obstacles, dont des contestations judiciaires. Suite à cet échec, le géant de l'ultra-fast fashion avait finalement déposé une demande d'introduction en bourse à Hong Kong en juillet 2025. Il aura donc fallu un an pour que sa demande aboutisse.
L'annonce de vendredi "lève une incertitude politique majeure qui pesait depuis longtemps sur Shein et offre à l'entreprise une voie viable vers les marchés financiers", indique à l'AFP Han Lin, du cabinet The Asia Group. Pékin montre ainsi qu'il continue de soutenir les entreprises privées compétitives à l'international, à condition qu'elles évoluent "dans son cadre réglementaire en constante évolution", note-t-il.
"Pour les investisseurs, le message est clair. La Chine veut restaurer la confiance des marchés sans relâcher le contrôle de l'Etat sur les sociétés stratégiques."
Le feu vert de vendredi constitue également une bonne nouvelle pour le statut de Hong Kong, selon des analystes. "Malgré le durcissement des contrôles de Pékin sur les introductions en Bourse (d'entreprises chinoises) à l'étranger, la Chine continue ainsi de soutenir Hong Kong comme grande place financière internationale pour les levées de capitaux", affirme à l'AFP Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics.
Le site de commerce en ligne propose dans plus de 150 pays une vaste gamme de produits à des prix extrêmement bas. Elle fait notamment partie des plateformes visées par la loi française contre l'ultra-fast fashion et dont la proposition a été définitivement adoptée par le Parlement fin juin.
Alors que le secteur textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, Shein, mais aussi Temu et AliExpress, sont accusées d'inonder le marché de produits bas de gamme, générant des montagnes de déchets et une importante pollution.
Avec la plupart de ses usines basées en Chine, Shein se distingue en effet de ses concurrents de la "fast fashion" par la rapidité de création de ses produits et une chaîne d'approvisionnement et de production très efficace.
L'entreprise a déplacé son siège hors de Chine afin d'échapper à la vigilance accrue des autorités étrangères vis-à-vis des sociétés chinoises, selon des analystes.
Cette dépêche AFP a été complétée par un journaliste de FashionUnited.
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