Kering dévoile son plan de relance et vise un taux de marge plus que doublé
Florence (Italie), 16 avr 2026 (AFP) - Kering a dévoilé jeudi "ReconKering", un plan de relance destiné à "restaurer la clarté de la vision" du groupe de luxe français, en difficulté, et à retrouver sa "désirabilité" et "une place de leader".
Cette stratégie, élaborée par le nouveau directeur général Luca de Meo, était très attendue compte tenu de la mauvaise passe que connaît le groupe depuis des années, plombé en particulier par les contre-performances de Gucci. Le plan de Kering s'étale jusqu'à 2030 et ne comporte aucune mesure radicale.
Parmi ses objectifs, Kering affirme vouloir plus que doubler son taux de marge opérationnelle "à moyen terme" afin qu'il atteigne au moins 22%, sans toutefois préciser l'échéance exacte. A titre de comparaison, cela reviendrait à atteindre le même taux de marge opérationnelle que son rival français LVMH. Selon son plan, c'est "d'ici fin 2028" que Kering "entrera dans une phase de croissance renouvelée et durable".
Le groupe, qui a entamé une transformation l'an dernier sous l'égide de l'Italien Luca de Meo, veut aussi consacrer 5 à 6% de son chiffre d'affaires au développement de la croissance interne durable de ses maisons et envisage des acquisitions ciblées.
Autre indicateur que Kering scrutera avec attention, le ROCE, pour retour sur capitaux employés, que l'entreprise veut voir au-dessus de 20%. Cet indicateur, rarement publié explicitement par les grands groupes dans leur compte de résultat, permet de mesurer la performance d'une filiale en fonction du capital investi.
Le groupe vise également une croissance de ses ventes plus rapide que celle du marché, ce qu'il qualifie de "surperformance progressive", sans donner davantage de précisions.
"Désirabilité"
Au cœur de cette stratégie figure la "désirabilité", à savoir la capacité des produits à séduire les clients, un concept que le groupe met en avant comme "clé de la croissance future". Kering veut donc mesurer "l'image de chaque marque" pour permettre "à chaque maison de suivre sa dynamique, de se comparer à ses pairs et d'activer des leviers ciblés".
Et au premier rang des marques dont la "désirabilité" doit être relancée se trouve Gucci, marque phare du groupe dont les difficultés pèsent lourd dans les comptes de Kering ces dernières années.
Si la maison italienne a une nouvelle PDG, Francesca Bellettini, ainsi qu'un nouveau directeur artistique - Demna Gvasalia a présenté sa première collection à l'automne -, l'essai doit encore être transformé.
Au premier trimestre, les ventes de Gucci ont chuté de 14%. Le chiffre d'affaires total de Kering a reculé de 6% sur cette période, stable à données comparables. La marque italienne, qui génère environ 40% du chiffre d'affaires du groupe, va voir son "offre de maroquinerie renforcée" avec des "standards de qualité plus élevés".
"Des stratégies locales plus ciblées et un modèle de distribution optimisé permettent à la marque d'être plus pertinente sur ses marchés, de renforcer son exclusivité et de garantir sa rapidité d'exécution", affirme Kering.
Par ailleurs, l'entreprise envisage des acquisitions "visant en priorité à renforcer le savoir-faire, l'intégration verticale et la sécurisation des matières premières", précise-t-elle, sans donner le montant qui pourrait être consacré à ces opérations.
Le communiqué de Kering a été publié avant une prise de parole de Luca de Meo dans la matinée devant des investisseurs réunis à Florence, terre natale de Gucci.
A l'instar des autres entreprises du secteur, Kering a souffert ces dernières années d'un ralentissement provoqué notamment par une demande plus faible en Chine, l'un des principaux marchés du luxe.
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