Hermès ne convainc pas en Bourse malgré des ventes en nette hausse au deuxième trimestre
Paris - Le groupe de luxe français Hermès n'a pas convaincu en Bourse mercredi, après la publication de ses résultats financiers, son action cédant plus de 10% en dépit de ventes en hausse dans quasiment toutes les zones géographiques au deuxième trimestre.
Le sellier-maroquinier, connu pour ses carrés de soie et ses sacs en cuir, a vu ses ventes progresser de 4,8% sur un an pour la période allant d'avril à fin juin, atteignant 4,1 milliards d'euros. Cette croissance, conforme aux prévisions moyennes du marché, a été tirée par la maroquinerie, sa division phare.
Sur l'ensemble du premier semestre, les ventes ont progressé de 1,6% (mais de plus de 6% hors effet des taux de change), à 8,2 milliards d'euros. Le groupe a dans la foulée indiqué qu'il abordait "le reste de l'année avec confiance". Il a confirmé "un objectif de progression du chiffre d'affaires à taux constant ambitieux" pour l'ensemble de l'année 2026, selon son gérant Axel Dumas.
La rentabilité opérationnelle courante, malgré l'impact négatif des devises, a atteint 41% au premier semestre. Le résultat net est resté quasiment stable à 2,24 milliards d'euros.
Malgré ces chiffres, l'action d'Hermès, sous pression depuis le début de l'année, dévissait à la mi-journée à la Bourse de Paris, les investisseurs pénalisant le manque de dynamisme sur le marché chinois, qui a perdu de l'élan après avoir été longtemps l'un des plus dynamiques pour le luxe.
Après un recul de plus de 3% à l'ouverture de la Bourse, le titre creusait ses pertes, cédant 10,32% vers 11H10 GMT, à 1.520,50 euros, plombant le CAC 40 (-0,55%), en raison du fort poids d'Hermès dans cet indice. L'action est ainsi tombée à son niveau le plus bas depuis janvier 2023.
Le cuir déçoit
Evoquant la Chine, Axel Dumas a dit ne pas voir "encore un rebond fondamental" dans la région. "Il y a un an, il y a six mois, je disais déjà que je voyais une situation qui s'était stabilisée en Chine, mais je ne voyais aucune amélioration", a souligné le dirigeant lors d'un point avec les investisseurs, mercredi.
"Dans les grands centres commerciaux où nous sommes présents, nous sommes devenus, après le Covid, très souvent la première marque, ce qui n'était pas le cas avant le Covid. Nous avons donc aujourd'hui une stabilité de la situation en Chine, mais sans retrouver encore la dynamique d'autrefois", a-t-il ajouté.
Les ventes d'Hermès dans la zone Asie-Pacifique hors Japon ont progressé de 3% au deuxième trimestre. Au Japon, le chiffre d'affaires s'est stabilisé, mais il a bondi de plus de 12% hors effets de changes.
En France, les clients locaux et internationaux ont retrouvé le chemin des boutiques, avec une hausse du chiffre d'affaires de 6,2% par rapport au deuxième trimestre 2025. Les magasins avaient été pénalisés en début d'année par la baisse de la clientèle moyen-orientale en raison de la guerre dans leur région.
En Amérique, région très porteuse pour le luxe, les ventes ont fortement progressé, de plus de 11%, "avec une croissance solide et équilibrée" dans l'ensemble des pays et des métiers, selon le groupe.
Hermès a par ailleurs enregistré de bonnes performances dans presque toutes ses divisions. Les ventes de la maroquinerie-sellerie, son coeur de métier, ont atteint 1,9 milliard d'euros, en progression de 8,4% sur un an (+10,2% à taux de changes constants), grâce notamment au succès de nouveaux modèles de sacs.
Mais les analystes attendaient encore mieux, avec une prévision moyenne de 10,7% pour la croissance hors taux de change. "C'est un écart assez important pour la division qui définit réellement le positionnement ultra luxe de Hermès", a expliqué à l'AFP Andrea Tueni, analyste financier pour la plateforme d'investissement en ligne Saxo.
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