Espagne : la marque Munich annonce plusieurs licenciements et la fermeture de 15 boutiques
Madrid – La marque de chaussures barcelonaise Munich (distribuée en France par Courir et Zalando) a entamé des négociations en vue de la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui concernerait environ 65 salariés et la fermeture de 15 boutiques. Une restructuration de ses effectifs et de son réseau commercial qui résulterait des difficultés économiques rencontrées par l'entreprise, après une année fiscale particulièrement complexe.
Selon les informations communiquées à l'agence de presse EFE par l'entreprise et les représentants légaux des salariés, Munich, dont le siège se trouve à Capellades (Espagne), a entamé la procédure d'un PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) pour raisons économiques, prévoyant le licenciement d'environ 65 personnes et la fermeture de 15 boutiques. Munich envisage ainsi d'« alléger » son réseau commercial en fermant les points de vente les moins rentables.
Cette mesure serait la dernière solution envisagée par la direction de l'entreprise pour tenter de redresser la barre face à la détérioration de son modèle économique au cours de l'année écoulée. Cette décision intervient après que la direction de Munich a tenté de mettre en œuvre d'autres solutions pour éviter les fermetures et les licenciements qui en découlent. Parmi ces tentatives, des efforts ont été faits pour renégocier les conditions de location des boutiques concernées, mais ces discussions n'ont pas abouti au résultat escompté, menant finalement au lancement de ce plan de licenciement collectif. Une décision que Munich qualifie de douloureuse et qui, selon des déclarations à Efe, est motivée par les pertes enregistrées par une partie de son réseau de vente.
Fermeture de 15 boutiques et licenciement de 65 salariés
Les origines de Munich remontent à Luis Berneda et au petit atelier où il a commencé à fabriquer et à commercialiser des chaussures entre 1939 et 1945. La marque Munich a été lancée en 1966 et est aujourd'hui dirigée par les frères Xavier et David Berneda, membres de la troisième génération de la famille fondatrice. Après une expansion soutenue ces dernières années, la marque opère en Espagne avec une forte présence dans les magasins multimarques et à travers un réseau d'environ 40 espaces monomarques, comprenant 27 boutiques et 13 corners situés dans divers grands magasins El Corte Inglés.
Répartis dans 14 provinces, situés en centre-ville ou dans certains des principaux centres commerciaux du pays et du groupe de grands magasins contrôlé par les sœurs Marta et Cristina Álvarez, ce sont les employés des points de vente de ce réseau de boutiques, géré par la société La Tormenta Perfecta, qui seront touchés par cette restructuration. Ce processus concerne la fermeture d'un total de 15 points de vente, situés dans des villes comme Barcelone, Madrid, Séville, Malaga, Saragosse ou Saint-Sébastien, selon les représentants des salariés.
Concernant ces fermetures et licenciements, les représentants légaux des salariés indiquent également que l'entreprise souhaiterait accélérer la procédure du PSE, dont la période de consultation s'achève à la mi-août. Elle chercherait aussi à échelonner le paiement des indemnités légales de licenciement et à ne pas réduire réellement le nombre de salariés ou de boutiques concernés, mais plutôt à reporter de quelques mois certaines fermetures et certains licenciements. Munich nie toute tentative de tromper les représentants des salariés, précisant que les fermetures et les licenciements s'adapteront simplement aux conditions contractuelles spécifiques de chaque boutique concernée par la restructuration.
Baisse des ventes et retards de commandes
Pour replacer ce PSE dans son contexte, début mars 2026, le quotidien local La Vanguardia rapportait que Munich avait entamé des discussions avec son pool bancaire pour refinancer sa dette, supérieure à 20 millions d'euros. Parallèlement, l'entreprise tentait de négocier une baisse des loyers de ses boutiques. Ces efforts de négociation n'ont manifestement pas atteint les objectifs escomptés par la marque barcelonaise, ce qui a finalement conduit à la présentation de ce PSE.
En mars, il était déjà clair que ces deux mesures visaient à réduire les coûts d'exploitation et à reporter l'échéance de la dette à court terme de la marque. Cette dette avait été alimentée par les investissements des derniers exercices pour l'expansion de son réseau commercial et la diversification de son catalogue avec de nouvelles catégories de produits, suite à la détérioration de l'activité de Munich au cours de la dernière année fiscale. Durant cette période, la marque a été particulièrement touchée par le contexte macroéconomique actuel, qui aurait provoqué une baisse notable des ventes au détail, ainsi que des retards dans les commandes de ses partenaires commerciaux pour les canaux de vente en gros et multimarques.
Face à ces perturbations, l'entreprise barcelonaise avait déjà commencé à restructurer ses canaux de vente en fermant deux boutiques en Espagne, l'une à Sant Cugat del Vallès (Espagne) et l'autre à Leganés (Espagne), et en ouvrant deux nouvelles boutiques à l'international, en République dominicaine et au Costa Rica. Ces premiers ajustements seront désormais complétés par les effets de ce PSE sur les effectifs et le réseau commercial de Munich. L'entreprise prévoyait de clôturer son dernier exercice fiscal 2025, au 31 mars 2026, avec un chiffre d'affaires proche de 70 millions d'euros. Ce chiffre serait en baisse de 14,63 % par rapport aux quelque 82 millions d'euros de chiffre d'affaires de l'exercice 2024, qui avait enregistré une croissance annuelle des ventes d'environ 9 %.
- La célèbre marque de chaussures Munich a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui affectera 65 salariés et entraînera la fermeture de 15 boutiques en Espagne.
- La restructuration serait la conséquence des difficultés économiques rencontrées par l'entreprise au cours de l'année écoulée. Elle intervient après les tentatives de l'entreprise de restructurer sa dette et de réduire ses coûts d'exploitation en renégociant les loyers de ses boutiques.
- Les fermetures se concentreront sur les points de vente les moins rentables de l'entreprise, situés dans des villes comme Barcelone, Madrid, Séville, Malaga, Saragosse ou Saint-Sébastien.
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