Consultation Paris Good Fashion : le besoin d'informations claires sur la mode durable s'impose

« Comment donner envie de s'habiller durable et éthique ? », c’est la question que l'association Paris Good Fashion a posée aux participants de sa consultation citoyenne. Plus de 168 000 participants ont pris part à l'exercice.

Principal enseignement : face à une offre jugée complexe à décrypter, l'information, la transparence et l'éducation apparaissent comme la première attente des répondants.

Une seconde consultation citoyenne menée par Paris Good Fashion

Du 19 février au 16 avril 2026, l’association Paris Good Fashion a mené une seconde consultation citoyenne, après celle de 2020. Ce, en partenariat avec Make.org, la ville de Paris et avec le soutien de plusieurs entreprises (Etam, Groupe Eram, Kiabi, Lacoste, Printemps, Galeries Lafayette, Le Bon Marché, SMCP, Karla Otto).

La question posée aux participants était : « Comment donner envie de s'habiller durable et éthique ? ». La consultation a mobilisé près de 170 000 participants dans plusieurs pays : environ 107 000 en France, 32 000 en Italie, 17 700 aux États-Unis et 11 499 au Royaume-Uni.

481 156 votes ont été enregistrés, soit 1 680 propositions déposées, 1 449 validées après modération et 915 ayant obtenu plus de 70 % d'adhésion.

Premier constat : ce sont majoritairement les femmes qui se sont mobilisées (82 % contre 17 % d'hommes et 1 % de personnes non genrées).

Second constat : les plus de 55 ans représentent 52 % des répondants. Les 35-54 ans comptent pour 32 % de l'échantillon, contre 16 % pour les 18-34 ans.

Information, transparence et éducation : le besoin de simplifier le discours se fait plus pressant

Consulation citoyenne PGF Credits: PGF

Information, transparence et éducation sont le thème qui recueille le plus de propositions (31 % en 2026 contre 15 % en 2020). Les citoyens disent ne pas comprendre la mode durable et demandent des informations simples, fiables et comparables.

« La première chose qui ressort, c'est que les personnes consultées ne comprennent rien à la mode durable, commente Isabelle Lefort, cofondatrice et directrice exécutive de Paris Good Fashion. Elles ne savent pas comment faire pour acheter de la mode durable et sont dans un contexte général de suspicion par rapport à l'information. »

Aussi, 43 % des propositions concernent l'information sur les impacts de la mode. 28 % réclament davantage de transparence sur les produits. « Les gens veulent de l'éducation, être informés, des explications, de la pédagogie et de la formation », ajoute Isabelle Lefort.

Économie circulaire : réparation et seconde main restent des priorités

L'économie circulaire est le deuxième thème cité avec 219 propositions, soit 23,9 % sur l’ensemble. Son poids est jugé globalement stable par rapport à la consultation de 2020 (23,9 % en 2026 contre 25 % en 2020).

Les premiers sujets évoqués sont la réparation, la seconde main et la location de vêtements, sujet identifié comme un point de controverse.

Consulation citoyenne PGF Credits: PGF

Rythme de la mode : les consommateurs appellent à ralentir la cadence

C’est le troisième thème évoqué avec 13,9 % des propositions. Le sujet ne se limite pas à l'ultra fast fashion. Les participants dénoncent le volume de produits, la multiplication des collections, la pression marketing et le sentiment que « la mode va trop vite ».

Selon les organisateurs, les répondants des États-Unis et du Royaume-Uni soutiennent encore davantage cette idée de ralentissement que ceux de France ou d'Italie.

Parallèlement, parmi les signaux faibles émergents : les participants réclament davantage de vêtements adaptés à la diversité des morphologies. Ce thème était absent de la consultation de 2020.

Ils évoquent très concrètement des problèmes d'accès à l'offre vestimentaire liée aux tailles et aux coupes disponibles. « Les clients souhaitent pouvoir trouver des vêtements qui leur plaisent et quand ils arrivent en magasin, ils n'arrivent pas à s'habiller », signale Isabelle Lefort.

Santé : la qualité des vêtements devient un critère central

Les organisateurs s'attendaient à voir émerger massivement la question du prix et de l'ultra fast fashion. Ce ne fut pas le cas.

La consultation citoyenne révèle une forte demande pour des vêtements durables, des matières naturelles et des produits jugés plus qualitatifs et désirables : « Il y a une envie de produits créatifs, de qualité et qui durent. Les gens sont prêt à payer le prix juste à condition d’être sûrs de ce qu’ils achètent ». Ceci contredit directement l'idée que le prix serait la préoccupation dominante des répondants.

À ce titre, la santé apparaît comme une préoccupation montante liée notamment à la composition des textiles et au respect des réglementations.

38 propositions consensuelles évoquent directement les allergies cutanées, les PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées), les perturbateurs endocriniens et les risques cancérogènes liés aux vêtements.

Selon PGF et make.org, ce sujet était totalement absent lors de la consultation précédente il y a cinq ans.

Relocalisation : les répondants attendent un soutien accru des pouvoirs publics

La relocalisation représente 12,5 % des propositions. Produire en France est associé à la qualité, le respect des normes et l'emploi local : « Produire en France est synonyme de qualité et de respect de la réglementation d'emploi ».

En particulier et en général, 255 propositions réclament davantage d'interventions de la part des pouvoirs publics pour réguler, encadrer, arbitrer et soutenir la transition écologique.

Afin de restituer l’intégralité de cette consultation citoyenne, Paris Good Fashion donne d’ores et déjà rendez-vous pour son prochain temps fort, le Midsummer Camp, les 8 et 9 juillet 2026 au Domaine de Chaalis.

En résumé
  • La consultation citoyenne de Paris Good Fashion révèle que les consommateurs recherchent avant tout de l'information, de la transparence et de l'éducation pour mieux comprendre et adopter la mode durable, face à une offre jugée complexe.
  • L'économie circulaire, notamment la réparation et la seconde main, reste une priorité, tandis qu'une forte demande émerge pour un ralentissement du rythme de la mode et une meilleure adaptation des vêtements à la diversité des morphologies.
  • Les préoccupations concernant la santé liée à la composition des textiles et la qualité des vêtements sont en hausse, et les participants appellent à un soutien accru des pouvoirs publics pour la relocalisation de la production et la régulation de l'industrie.
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