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Circularité créative : comment LVMH transforme recyclage et réparation en source de revenus

500 millions d’euros de revenus engrangés grâce au recyclage et à la réparation, soit dix millions de produits réparés, rechargés ou repris en 2025 sur l'ensemble des maisons LVMH : c’est le premier bilan chiffré des gains obtenus dans le cadre de la politique RSE du groupe et de son programme Life 360.

Ces chiffres ont été dévoilés lors d'une conférence organisée au Cheval Blanc, en présence d'Hélène Valade, directrice Développement Environnement de LVMH, et de Christelle Capdupuy, directrice Développement Durable de Louis Vuitton.

Les 500 millions d'euros issus de la réparation et de la recharge restent modestes à l'échelle du groupe (0,6 % du CA), mais ils sont symboliquement forts : ils matérialisent en euros la transition vers un modèle circulaire et tendent à démontrer que circularité créative et rentabilité ne s’opposent pas.

Des revenus additionnels générés par les services de réparation, de recharge (refil) et de reprise de produits

LVMH chiffre désormais avec précision ce qu’il gagne à réparer plutôt qu’à vendre du neuf. En 2025, les services de réparation, de recharge (« refil ») et de reprise ont généré à eux seuls 500 millions d’euros de revenus additionnels pour dix millions de produits réparés.

Concrètement, les dix millions de produits concernés ont été soit réparés en atelier, soit dotés d’un système de recharge, soit repris par les maisons. Chez Louis Vuitton, les « clients advisors » sont formés pour parler réparation, et l’information sur l’origine des matières premières est accessible sur le site ou en magasin.

Parmi les leviers de cette circularité payante, la recharge (« refil ») occupe une place singulière. L’exemple d’une crème au design breveté, montré lors de la conférence, illustre la stratégie : l’objet rechargeable peut devenir aussi esthétique, voire plus, qu’un produit neuf.

« Nouveau ne veut pas dire neuf, résume Hélène Valade, directrice Développement Environnement de LVMH. Cela peut être un magnifique sac qu'on a complètement twisté pour lui offrir un nouveau look. Je pense qu'il y a un vrai besoin, chez certains consommateurs, pour ce nouveau service. »

Quand la finance participe à la circularité créative : un basculement progressif du modèle économique

Hélène Valade explique que la finance est devenue un allié de taille. Les 75 directeurs financiers de LVMH travaillent désormais avec les responsables du développement durable. Chez Céline, le coût du carbone est intégré dans les décisions d'investissement. Chez Dior, le plan de transition fait l'objet d'une planification financière. Cette convergence permet une remontée de données environnementales couvrant 99,9 % du périmètre financier du groupe.

LVMH apprend également à chiffrer le coût de l'inaction. Moins d'eau consommée, moins d'énergie utilisée, ce sont immédiatement des économies.

Par ailleurs, le groupe indique que 41 % des matières utilisées dans les produits et emballages sont désormais issues du recyclage.

Les articles issus de matières dormantes ou recyclées ne se vendent pas moins cher, mais parfois plus vite. Un sac en coton issu de stocks inutilisés (3 000 mètres linéaires) a été écoulé en édition limitée, devenant « hyper désirable » par sa rareté. De même, le défilé ayant recyclé des invendus (réalisation Kevin Germanier) a prouvé que la circularité pouvait être une source de créativité rentabilisable.

Circularité créative : outil de fidélisation et sécurisation de la valeur de marque

Reste un bénéfice que LVMH ne convertit pas encore en euros : la consolidation de la confiance dans ses marques. « C'est le pari que je fais depuis 20 ans, déclare Hélène Valade. Derrière tout ça, il y a des évolutions sociétales très fortes. Si une entreprise ne s'en empare pas, elle n'est pas à même d'incarner cette responsabilité au niveau du produit. »

« La circularité devient ainsi un ingrédient de fidélisation. Un client qui a confiance reviendra pour un autre achat. La réparation n’est donc pas un centre de coût, mais un levier de préférence de marque », conclue Christelle Capdupuy, directrice Développement Durable Louis Vuitton.


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