Baromètre du jour : –4,4 % c’est la baisse des ventes de chaussures en France en avril 2026, selon World Footwear.
C’est la baisse des ventes de chaussures en France en avril 2026, selon World Footwear.
Le chiffre contraste avec celui du commerce en ligne, qui progressait de 5,7 % sur le même mois. La chaussure reste ainsi en retrait du commerce de détail, alors que les consommateurs continuent de dépenser, mais avec davantage d’arbitrages.
Dans son Retail Flash, publié le 22 septembre 2026, World Footwear compare les dernières données disponibles sur les ventes, les prix, la confiance des consommateurs et les importations dans plusieurs grands marchés. La France figure parmi les pays où le décrochage de la chaussure apparaît nettement.
En mars, les ventes françaises avaient déjà reculé de 5,9 %. Elles ont donc encore diminué de 4,4 % en avril, alors que l’activité du retail dans son ensemble évoluait autour de la stagnation.
Le digital progresse, pas la catégorie
Le contraste avec le e-commerce est particulièrement visible. En avril, les ventes retail en ligne ont augmenté de 5,7 % en France, sans que la chaussure profite de cette dynamique.
World Footwear rappelle d’ailleurs qu’en 2025, les ventes de chaussures en France avaient diminué de 2,5 % en moyenne, tandis que les ventes en ligne progressaient de 4,8 %.
La même dissociation apparaît ailleurs en Europe. Aux Pays-Bas, les ventes de chaussures ont reculé de 2 % en mars, puis de 3,6 % en avril, après un début d’année beaucoup plus dynamique. En Allemagne, le recul atteint 11,6 % en avril pour les chaussures et articles de maroquinerie.
Le Royaume-Uni présente un contraste encore plus marqué : le commerce de détail progressait de 7 % sur un an en mai et en juin, tandis que l’habillement affichait respectivement +10,3 % et +8,2 %. La chaussure et la maroquinerie restaient, elles, en contraction.
Aux États-Unis, le marché résiste davantage, mais la chaussure progresse également moins vite que les catégories voisines : +2,2 % en juin, contre +5,3 % pour l’habillement et les accessoires.
En France, les prix restent presque stables
L’autre donnée à regarder, ce sont les prix. En mai, ceux de la chaussure n’augmentaient que de 0,2 % en France, contre 2,8 % pour l’inflation générale.
Le contraste est encore plus net aux Pays-Bas, où les prix de la chaussure reculaient de 2,9 % en mai, alors que l’inflation générale atteignait 3,4 %. Au Royaume-Uni, les prix de la chaussure étaient également orientés à la baisse.
L’Allemagne montre à l’inverse qu’une hausse des prix ne suffit pas nécessairement à soutenir les ventes : les prix de la chaussure y progressaient de 2,2 % en juin, pendant que les ventes plongeaient de 11,6 %.
En France, cette faiblesse des ventes intervient dans un contexte de confiance des consommateurs toujours négative. Les achats de chaussures restent particulièrement exposés aux arbitrages des ménages sur les dépenses discrétionnaires.
Les importations reculent aussi
En France, les importations de chaussures ont diminué de 5,5 % en mars, après des baisses de 10 % en janvier et en février. Le recul s’atténue donc, mais les importations restent orientées à la baisse. D’autres marchés montrent des ajustements plus importants. En Allemagne, la valeur des importations de chaussures a diminué de 18,3 % en avril et de 17,1 % en Espagne. Aux États-Unis, les volumes importés ont reculé de 12,1 % en avril, après déjà deux mois de baisse à deux chiffres.
World Footwear souligne toutefois que les périodes et les indicateurs disponibles ne sont pas strictement comparables d’un pays à l’autre. Ces chiffres montrent néanmoins que les distributeurs restent prudents sur leurs approvisionnements dans un marché où la demande demeure difficile à anticiper.
Une faiblesse qui dépasse la France
Dans plusieurs grands marchés développés, la chaussure progresse moins vite que le reste du retail, voire recule franchement. Le e-commerce continue de gagner du terrain, mais cette croissance ne suffit pas à faire repartir la catégorie.
L’Espagne fait pour l’instant mieux, avec une progression de 5,7 % des ventes de mode en mai. World Footwear invite toutefois à ne pas lire ce chiffre trop vite : dans un contexte de hausse des prix et de confiance plus fragile, une progression du chiffre d’affaires ne signifie pas nécessairement une hausse équivalente des volumes.
Au Japon, les ventes d’habillement et d’accessoires, chaussures comprises, n’ont progressé que de 0,6 % en juin, contre 12,1 % pour les textiles.
En France, la chaussure ne profite donc pas encore du léger mieux observé dans le commerce. Le e-commerce avance, mais les ventes de la catégorie reculent toujours, tandis que les importations restent en retrait.
En avril, les Français ont acheté moins de chaussures qu’un an plus tôt : –4,4 %.
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