A.F Vandevorst jette l’éponge et met fin à ses activités : « Nous ne nous reconnaissons plus dans la surenchère actuelle »

22 ans après la fondation de leur label A.F Vandevorst, le duo créatif incarné par An Vandervorst et Filip Arickx, a décidé de tirer sa révérence. Une fin sans précipitation mais fermement actée. La dernière collection de la marque sera disponible en boutique et dans leur flagship d’Anvers, jusqu’en aout prochain. Et ensuite, le clap de fin sera actionné. Les deux créatifs flamands ont justifié cette décision, prise sur plusieurs mois, par le fait que les nouvelles voies commerciales prises par l’industrie de la mode, de plus en plus boulimique, ne correspondaient plus à leur vision de la création et à leur éthique du travail.

« Nous préférons finir en beauté, fidèles à nos valeurs, déclare le duo au magazine Elle Belgique. Nous pensons que la mode a un avenir, mais les changements à mettre en œuvre pour s’aligner avec son évolution actuelle, ne nous ressemblent plus. Nous avons toujours beaucoup de créativité, et nous continuerons de l’exprimer dans la mode, mais en la combinant avec d’autres disciplines. »

« On ne s’intéresse plus vraiment au récit ou à la qualité »

Cette boulimie de la mode est attestée par une récente étude effectuée par l’IFM à la demande du salon Première Vision, salon européen dédié aux tissus. L’étude proclame que les livraisons de collections se sont multipliées malgré leurs couts écologiques évidents. Cette tendance à l’accroissement du nombre de vêtements est encore plus flagrant chez les marques européennes dont le processus de création n’est plus semestriel. Le renouvellement de l’offre, censé entretenir la curiosité du client et générer du trafic en magasin, est désormais constant : 2 fois par mois au minimum pour la plupart des marques.

Ce nouveau paradigme ne convenait pas aux deux créatifs flamands : « Nous ne nous reconnaissons plus dans la surenchère, nous préférons nous concentrer sur la créativité, sur une histoire à raconter. Le vêtement est devenu un produit de consommation, où l’on ne s’intéresse plus vraiment au récit, ni à la qualité. On vit la mode sur Internet, on perd le sens des détails, et la fondamentale notion d’intimité. Même avec tous nos efforts pour développer une excellence digitale, nous n’avons pu rendre l’expérience digitale aussi palpable et émotionnelle que peut l’être un vêtement. » Le FIT et le MET de New York, le V&A de Londres, le MOMU d’Anvers se sont déjà portés acquéreurs de pièces d’archives.

Crédit photo : A.F Vandevorst AW17, Catwalkpictures

 

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