Asos se lance dans le sport

C’est le site qui fait trembler les enseignes de mode populaires. Et son potentiel reste énorme, du moins d’après les estimations de Nick Beighton, directeur général de la plateforme britannique. L’e-marchand est incroyablement populaire auprès des 17-27 ans: la direction table sur une croissance de 25 à 30 pour cent cette année, ce qui permettra à Asos de devenir la destination mode numéro un pour les plus de 20 ans. Des chiffres qui donnent le tournis quand on sait que les ventes du site ont déjà bondi de 27 pour cent l’année dernière, à 2,1 milliards d’euros. Sa capitalisation boursière, de 6,4 milliards d’euros, est proche de celle de Marks & Spencer. Le site compte 15, 4 millions de clients actifs dans le monde.

Asos se lance dans le sport

17 ans après sa création, la compagnie anglaise (présente dans 230 pays) multiplie les initiatives et les investissements : inauguration de nouveaux sites à l’étranger, lancement de nouvelles fonctionnalités, délais de livraisons ultraserrés en Europe grâce à l’ouverture près de Berlin d’un nouvel entrepôt d’une capacité de 20 millions d’unités - à Londres, la livraison “dans la soirée” est effective depuis longtemps – et enfin présence conquérante du site sur les réseaux sociaux : rien qu’à Paris, 7 personnes publient à temps plein les photos Asos sur Instagram, Snapchat et Facebook.

ASOS 4505, la première ligne de vêtements de sport du retailer britannique

L’Hexagone n’est pas oubliée dans ce dispositif. Asos y est présent depuis 2011. L’automne dernier, les Lillois et les Parisiens ont découvert une campagne publicitaire d’envergure. L’enseigne a notamment diffusé ses publicités sur des panneaux numériques situées à proximité d’Euralille et de la gare SCNF: le rendez vous des étudiants par excellence. De quoi détourner les jeunes français d’H&M, Zara, Primark, Pimkie et Promod mais aussi de résister à l’offensive d’Amazon et de Zalando. Signe qui ne trompe pas, l’appli Asos fait un carton : 70 pour cent des achats en proviennent, avec 10 pour cent de réduction accordés aux étudiants.

Asos se lance dans le sport

Dernière initiative en date: le lancement d’une ligne sport. Baptisée Asos 4505, elle réunit des vêtements “performants de haute qualité”. 100 modèles, Femme et Homme qui, d’après l’attaché de presse français d’Asos, confirment la mission du retailer: “permettre à ses clients de s’exprimer pleinement, qu’ils souhaitent courir ou juste s’amuser ». Cette marque en propre flirte avec le sport et le lifestyle. L’équipe design s’est inspirée des imprimés dynamiques et des couleurs clés des dernières tendances mode, et les ont associés avec des détails réfléchissants sur vestes et tee-shirts. La collection est disponible depuis mi-février.

Credit photo: www.asos.fr

Go Sport développe son offre en Asie

C’est à travers un communiqué que l’enseigne française Go Sport a annoncé son ambition de développer son offre sur le continent asiatique. Pour ce faire, le détaillant d’articles de sport a conclu un partenariat stratégique avec le conglomérat indien Lulu en vue d'ouvrir dans les années à venir entre 20 et 40 magasins en Asie et principalement en Inde, aux Philippines ainsi qu’au Sri Lanka. La première ouverture devrait avoir lieu en Inde dès le premier trimestre de 2019.

L'entreprise française, dont l'actionnaire principal est le groupe Rallye réalise déjà 20 pour cent de son chiffre d’affaire en Asie et poursuit sa stratégie d’internationalisation qui avait conduit en 2017 à une hausse de son chiffre d’affaires qui s’est situé à un milliard d’euros. Aujourd’hui, l’ambition de l’entreprise est que 25 pour cent de son chiffre d’affaires soit réalisé à l’international d’ici à 2020.

Photo : Go Sport
Les soldes d'hiver 2018, un dernier cru ancienne formule à oublier

Les soldes d'hiver 2018, les derniers dans leur configuration traditionnelle de six semaines avant d'être raccourcis en 2019, ont été un cru "décevant", cannibalisés par les promotions en continu depuis le Black Friday.

Commencés le 10 janvier, ils se terminent mardi. Début février, la Fédération française du prêt-à-porter féminin (FFPAPF) avait averti que les premiers chiffres dont elle disposait démontraient des achats en "perte de vitesse". "Au cours des trois premières semaines des soldes d'hiver 2018, la consommation habillement/textile enregistre une baisse de 4 pour cent par rapport à la même période de 2017", avait-elle affirmé.

Des baisses que confirme à l'heure du bilan le délégué général de la Fédération du commerce spécialisé (Procos), Emmanuel Le Roch: "Nos adhérents ont affiché des pertes de 3,5 pour cent en moyenne en janvier". C'est certes "un peu moins pire" qu'en 2017, quand les soldes avaient affiché un repli de 6,2 pour cent, mais c'est quand même "décevant".

Ce chiffre reflète cependant deux réalités bien différentes, a-t-il expliqué à l'AFP: si le secteur de l'équipement de la personne chute (-7,7 pour cent), celui de l'équipement de la maison connaît une embellie (+4,5 pour cent). "Nous constatons plus d'appétence chez les consommateurs pour tout ce qui est décoration, hi-fi et électroménager tandis que le secteur textile subit un effet de saturation", souligne M. Le Roch.

Baisse de fréquentation

La chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris et d'Ile-de-France, qui a interrogé 300 commerçants franciliens, évoque elle aussi des soldes "décevants après une saison automne/hiver bien médiocre".

Ainsi, "66 pour cent des commerçants n'ont réalisé à cette occasion qu'un chiffre d'affaires au mieux supérieur de 20 pour cent à un mois normal, et 24 pour cent n'ont fait aucun gain de chiffre d'affaires", selon son communiqué. Plus inquiétant note la CCI, qui s'est appuyée sur une étude du Centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services (CROCIS), "pour 59 pour cent des commerçants, ce résultat est inférieur à celui des soldes de l'hiver dernier".

Pour 44 pour cent des commerçants interrogés par la CCI francilienne, "ces mauvais résultats sont d'abord dus à la baisse de la fréquentation". "La faute de la crise, la météo pluvieuse, et surtout internet qui nous fait beaucoup de tort", commente ainsi un responsable de magasin, interrogé par le CROCIS. Pour la FFPAPF, si les soldes d'hiver perdent de leur attractivité, c'est aussi parce que "de nombreux commerçants ont jugé que le Black Friday/Cyber Monday (24-27 novembre) et les promotions/ventes privées réalisées en 2017 ont contribué à limiter l'intérêt des consommateurs pour les soldes réglementés".

Soldes démodés

Les commerçants interrogés par le CROCIS déplorent l'effet "désastreux" de cette surenchère de promotions sur le consommateur, qui "démodent les soldes": pour 67 pour cent d'entre eux, "les soldes ne sont donc plus un événement pour les clients (+5 points par rapport à l'hiver dernier)", affirme la CCI d'Ile-de-France.

Même si "65 pour cent des commerçants interrogés disent d'ailleurs avoir eux-mêmes pratiqué des ventes privées ou des promotions avant les soldes (+6 points par rapport à 2017)". Chez Procos, on dit la même chose: le tunnel commercial parti du Black Friday pour se terminer aux soldes d'hiver est "très très long". "La troisième semaine de soldes est devenue très très difficile" pour les commerçants, relève auprès de l'AFP M. Le Roch, pour qui la décision du gouvernement de raccourcir les soldes de six à quatre semaines, qui sera effective en 2019, "ne fait pas de doute".

Selon l'étude du CROCIS, 86 pour cent des commerçants s'y déclarent favorables. Un faux débat pour le président de la FFPAPF, Pierre-François Le Louët, pour qui le "vrai" est "idéologique: doit-on favoriser les commerces indépendants de centre-ville ou les grandes enseignes de la distribution?. M. Le Roch confirme: l'enjeu derrière tout ça, c'est "comment on ramène les gens en centre-ville", un sujet global qui pour l'instant n'en est qu'à ses prémisses. (AFP)

Photo: Pexels

Burberry désormais disponible sur la plateforme Farfetch

Burberry est bien décidé à se positionner dans le e-commerce. Alors qu’une partie de ses collections est disponible sur les sites de vente en ligne tels que Yoox Net-a-Porter et Matchesfashion, la maison de mode britannique s’associe désormais à Farfetch. Toute la gamme de la marque sera maintenant disponible sur la plateforme qui est présente dans 150 pays. Un nouveau partenariat qui permettra à la marque d’être directement disponible dans de nouveaux pays tels que le Brésil ou encore le Mexique.

Depuis son arrivée en tant que directeur général à la tête de Burberry, Marco Gobbetti a toujours affiché sa volonté de renforcer la présence de la marque dans le numérique. La marque a même décidé d’adopter le concept du “See now, buy now” à l’occasion de ses défilés lors de la London Fashion Week.

Pour l’occasion, une collection capsule de pièces rééditées des archives de la marque, sera disponible à l'achat immédiatement après le défilé. Farfetch offrira un service de livraison à Londres pendant 24 heures à cette occasion. De plus, trois sacs fourre-tout inspirés de la collection de février 2018 seront uniquement disponibles sur la plateforme Farfetch.

Photo : Facebook Burberry
Il Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-Honoré

La marque italienne (Florence) de maroquinerie artisanale inaugure une boutique éphémère rue Saint-Roch, à deux pas de la rue Saint-Honoré. Wanny Di Filippo, le fondateur de la marque, aime particulièrement le "Paris bohème". Il le confirme la relation particulière qu'il entretient avec la capitale en dévoilant cette nouvelle adresse. Cette boutique est la troisième de la ville après les boutiques historiques du 17 rue du Cherche-Midi (6e arrdt.) et du 11 Galerie Véro-Dodat (1er arrdt.), ouvertes dans le courant des années 80

Il Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-HonoréIl Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-Honoré

D'une surface d’environ 80 m2, distribués sur deux étages, l'espace a été conçu par le bureau d’architectes Vudafieri Saverino Partners, afin de conserver la cohérence et la linéarité avec l’ouverture récente à Milan, via Santo Spirito 14. Dans la boutique, le rez-de-chaussée est consacré à la présentation des collections accessoires et petite maroquinerie homme et femme. L'ambiance se distingue par la présence du tissu rayé multicolore iconique de la marque sur les sols et sur les murs. L’esprit non-conventionnel et ironique de la marque peut s'appréhender dans l’ameublement et à travers les détails qui complètent sa disposition, par exemple, la silhouette adhésive grandeur nature du créateur, en pose sur le miroir, témoigne d'une certaine originalité. Le nouveau lieu sera "officiellement" inauguré pendant la fashion week de Paris au mois de mars et fermera ses portes le 30 juin 2018.

Il Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-HonoréIl Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-HonoréIl Bisonte : une boutique éphémère à deux pas de la rue Saint-Honoré

Ce pop-up store s'inscrit dans la logique d’offrir un espace qui, bien que temporaire, représente et incarne le parcours de modernisation entrepris par la marque depuis l’an dernier. La marque, poursuivant sa collaboration avec Felice Limosani, le créatif a animé le plafond de la boutique d'une sculpture de pendentifs iridescents dans un jeu d’ombres et de lumières. Dans la vitrine, des dessins animés jouent avec l'image du fondateur et au deuxième étage, une sélection de disques vinyles invite à écouter des morceaux choisis par le créateur lui-même pour s’immerger dans une expérience signée "Il Bisonte". Autre exclusivité : dans cette boutique, les clients ont la possibilité d’acheter en avant-première une sélection de sacs et de petite maroquinerie faisant partie de la prochaine collection automne-hiver 2018. Clairement, cette boutique éphémère est conçue autour du storytelling de la marque et témoigner de son histoire.

Photos : Boutique éphémère Il Bisonte, rue Saint-Roch - Paris

PrimaDonna élue marque de lingerie la plus performante en Europe

INTERVIEW 350 boutiques de lingerie indépendantes à travers l’Europe ont désigné la griffe belge (groupe Van de Velde) comme la marque la mieux vendue en 2017. Un prix décerné par le magazine Intima qui a mené une enquête annuelle auprès de détaillants au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, en France et en Allemagne afin de connaître les meilleures marques vendues et leurs meilleurs produits. Rencontre avec Liesbeth Van de Velde, directrice du style de PrimaDonna.

Durant le Salon International de la Lingerie à Paris, vous avez été élue marque européenne la plus performante. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Ce prix est la preuve que les détaillants et les consommateurs adorent nos collections ; mais aussi qu'elles se sentent à l'aise avec, qu'elles ont un porté impeccable. Sur nos plateformes sociales, les fans de PrimaDonna nous disent régulièrement à quel point elles sont heureuses de nous avoir trouvé. La marque a été fondée en 1865 par Achiel et Margaretha Van de Velde et reste une entreprise familiale. Elle doit son succès à la combinaison du soutien apportée par les pièces, leur confort unique, leur design et leur look à la mode. Des qualités que les femmes qui ont un bonnet profond (du B au J) trouvent rarement dans un soutien-gorge. Ce qui explique peut-être pourquoi tant de femmes disent : « PrimaDonna une fois, PrimaDonna toujours ». Enfin, ce prix qui nous a été remis confirme notre positionnement sur les marchés auxquels nous croyons fermement.

Justement, quels sont vos principaux marchés en Europe ?

La Belgique arrive en premier, suivie par les Pays Bas et l’Allemagne. La France est notre quatrième marché.

PrimaDonna élue marque de lingerie la plus performante en Europe

Comment se positionne aujourd'hui PrimaDonna sur le marché de la lingerie ?

Nous sommes une marque de dessous mais aussi de maillots de bain et de lingerie de sport pour les femmes avec des formes. En 2010, Van de Velde a lancé la marque sœur de PrimaDonna, PrimaDonna Twist. Une lingerie au style plus jeune, avec des imprimés mode et beaucoup de bonnets mousse. Puis PrimaDonna Swim qui propose pour la plage des produits de maintien élégants. En 2017, PrimaDonna Sport va toujours plus loin et garantie aux sportives soutien et élégance pour sauter, courir, faire du stretching…

Quelle est sa place au sein du groupe Van de Velde ?

De toutes les marques du groupe (qui comprend aussi Marie Jo et Andres Sarda), PrimaDonna est la plus forte. Avec son portefeuille (PrimaDonna, PrimaDonna Twist et Sport), nous sommes en mesure de développer notre base de consommateurs auprès des femmes et des jeunes filles qui ont une poitrine généreuse. Le groupe a clôt l’exercice 2017 sur un chiffre d’affaires en progression de 1 pour cent à 208,7 millions d’euros par rapport à celui de 2016 (206,6 millions d’euros).Les boutiques indépendantes de lingerie continuent d’être nos partenaires commerciaux les plus importants. Nous en comptons environ 5.000 parmi nos clients à travers toute l’Europe. Nous avons aussi notre propre réseau de boutiques qui regroupe toutes nos marques (Marie Jo, Marie Jo L'Aventure, PrimaDonna, PrimaDonna Twist, PrimaDonna Swim et Andres Sarda). Baptisé Lincherie, celui-ci compte plus que 35 boutiques et une boutique en ligne aux Pays-Bas.

Quels sont les prochains projets pour PrimaDonna

Nous voulons inspirer plus de femmes et booster encore leur confiance. Nous allons donc continuer à consolider notre position de meilleure marque sur le segment des poitrines généreuses en lingerie, maillots de bain et soutien-gorge de sport.

Photos : PrimaDonna

China Connect : Décryptage retail et marketing dans la mode et le luxe en Chine

INTERVIEW Depuis 2011, autour de "conférences-ateliers", China Connect réunit chaque année à Paris une quarantaine de Top Executives venus du monde entier. Dédié aux tendances marketing, digitales, retail… la conférence européenne China Connect présentera dans son édition de mars 2018 le tournant de l'évolution de l'économie chinoise avec pour invités une dizaine de speakers évoluant dans les univers de la mode, du textile, de la beauté et du luxe. Ils partageront leur expérience de ce marché qui bouge à toute vitesse, où les plateformes de E-Commerce du luxe se livrent une bataille acharnée, où les applications et technologie sont devenues incontournables, où les marques chinoises s'imposent sur le segment haut de gamme en Europe… Afin de mieux appréhender le marché chinois, nous avons posé quelques questions à Laure de Carayon, organisatrice de l'événement. Décryprage.

Fashion United : Comment est né le projet China Connect ?

Laure de Carayon : En creusant la thématique du brand content en Chine. Je m’en suis occupée plusieurs années chez Carat [*ndlr : régie publicitaire], et début 2010, j’ai regardé de plus près ce qui se passait dans le pays ; j'ai décidé d’approfondir le sujet lors d’un voyage l’été 2010, ce qui a donné lieu à la rédaction d’une série d’articles, publiés par le site Offremedia.

Comment avez-vous sélectionné les speakers chinois évoluant dans les univers mode/textile, beauté et luxe ?

Je les suis depuis plusieurs années et regarde à quel point ils sont concernés par les changements en cours. Je cherche aussi de nouveaux acteurs. Tous ont un agenda, un message, une offre, une posture… qui nous éclairent sur le marché et ses tendances.

China Connect : Décryptage retail et marketing dans la mode et le luxe en Chine

La Chine est-elle plus avancée que l’Europe en termes d’équipement digital ?

Certainement pas sur les sites Internet ou les tablettes. La Chine est "mobile only". Au pays du gaming, les applications se portent bien. Plus généralement, l’activité mobile domine le "temps digital". En Chine comme aux Etats-Unis, mais aussi en Europe comme en Italie, 85% du temps mobile est passé sur les applications mobiles. Etant donné l’impact de WeChat [ndlr : Facebook chinois], il serait intéressant de voir l’impact de l’offre mini-programmes - des "App-in-App", qui permet d’éviter justement de télécharger une application afin de rester dans l’environnement WeChat - sur le marché du téléchargement des applications. La fin de l'année 2017 a montré une accélération des mini-programmes et la volonté de Tencent de les pousser fortement.

On parle de "guerre" entre les plateformes d’e-commerce chinoises, comment cela se manifeste-t-il ?

Le marché de l’E-Commerce notamment Mode et Luxe a des acteurs historiques connus, notamment Tmall, VIPshop, JD.com moins fort sur la mode que les deux 1ers, ou Mei.com, mais aussi Xiu.com. et Secoo (speaker à China Connect 2017/18). Des rachats sont en cours (notamment entre pure players et retailers) ce qui illustre bien l’enjeu et le potentiel du "new retail". Il y a quelques jours le retailer Hemei Group a annoncé racheter le pure player Shangpin (speaker à China Connect en 2014). Le leadership de Tmall a commencé à être attaqué surtout en 2017 et par JD en particulier. Ou plutôt par Tencent, leader du gaming et des réseaux sociaux et JD.com. Tencent a investi dans JD.com et s’est associé à JD pour passer à l’offensive fin 2017-début 2018, via des rachats ou prises de participation récents, comme dans VIPshop, une JV entre Tencent, JD.com et Meili (speaker à China Connect Shanghai, et fruit du rapprochement de Mogujie et Meilishuo (speaker à China Connect 2013). 2018 est clairement une année de transition vers une rivalité frontale entre Tencent et Alibaba car elle dépasse le seul E-commerce, même si ce dernier constitue le socle de cette rivalité.

Le "phygital" est-il déjà concret en Chine ?

Clairement. Quand Amazon annonce l’ouverture officielle en janvier d’Amazon Go, la Chine en a déjà testé plisseurs concepts et ouvert des dizaines - sans les mêmes fonctionnalités toutefois - et 2018 va voir l’envolée de ce modèle. Les annonces témoignent d’ambitions massives. Tous les acteurs majeurs seront de la partie : Alibaba, JD.com, Suning... Le paiement mobile, la reconnaissance faciale (notamment pour payer), la livraison notamment par drones, sont quelques-unes des réalités où la Chine devance, et inspire, l'Occident. Une des choses qui détermine la singularité de l’écosystème chinois, c’est précisément la rapidité à valider (ou pas) un business model en raison de la taille de son marché, et donc sa capacité à scaler très vite.

Quelles sont les différences majeures entre la Chine et l’Occident dans l’approche des jeunes consommateurs ?

Les Millenials sont plus jeunes et ont un pouvoir d’achat plus élevé. Ils sont notamment les principaux clients des marques de Luxe. Ils sont plus influencés par… les influenceurs ! L’avis de leur cercle d’amis et de leur famille comptent beaucoup plus comme déclencheur d'achat. Le paysage de l’influence en Chine a muri, se structure. Il dessine une cartographie prolifique et hétérogène, avec des stars bien sûr, mais des profils et "niveaux" multiples que la data vient clarifier. Les modes d’expression aussi se distinguent : les réseaux sociaux sont bien sûr, comme partout ailleurs, un lieu de conversation, mais la vidéo, notamment dans les formats très courts et le livestream en particulier, a explosé en 2016-2017.

China Connect - les 7 et 8 mars 2018 à Paris. Thème : China, The New World's Inspiration.

Photos : China Connect

Ces marques qui ne font pas de soldes

Des prix justes toute l’année et des quantités limitées jamais bradées, voilà la recette de plus en plus de marques qui se refusent aux soldes. Décryptage !

On le sait, les soldes ne font plus autant recette qu’auparavant. L’IFM a annoncé qu’au cours des trois premières semaines des soldes d’hiver 2018, la consommation d'articles d'habillement et textiles a subi une baisse d’environ 4 pour cent en valeur par rapport à la même période de l’année dernière. De nombreuses entreprises ont jugé que le Black Friday en novembre et les promotions et ventes privées tout au long de l'année ont contribué à limiter l’intérêt des consommateurs pour les soldes.

Dans les faits, ce sont tous les circuits qui ont subi une baisse de chiffre d’affaires. Pour mémoire, la consommation au cours des trois premières semaines des soldes d’hiver 2017 avait déjà chuté d’environ 4 pour cent par rapport à 2016. Dans ce contexte, de nombreuses marques ont pris le contrepied de la société de consommation et impose un nouveau parti : celui de ne pas faire de soldes.

Ces marques qui ne font pas de soldes

Un business model repensé

Elles s’appellent Balzac Paris, Amélie Pichard ou Olly et côtoient quelques griffes de luxe comme Givenchy, Philippe Plein qui ne font pas de prix barrés et d’autres qui déstockent de façon plus discrète. « J'ai décidé en septembre 2016 de donner à ma marque une dimension plus intemporelle, donc d'arrêter de solder mes produits, explique Amélie Pichard, créatrice de la marque de chaussures éponyme. Nous avons changé notre approche du wholesale pour rester uniquement avec des boutiques que nous aimons beaucoup et qui partagent nos valeurs, autour de collections capsules dédiées. La météo, le style ne sont pas les mêmes d'un pays à un autre, alors pourquoi devrait-on unifier nos collections dans ce sens ? » Produire moins et vendre de façon plus ciblé et surtout à un prix plus juste, voilà le crédo de plus en plus de marques qui ne veulent pas de stocks à outrance pour mieux les brader ensuite. « Nous ne faisons pas de soldes car nous préférons proposer des prix honnêtes et justes toute l'année ; notre business model est bien loin des codes de la fast fashion, souligne Chrysoline de Gastines, co-créatrice de Balzac Paris. Durant la période des soldes, nous préférons ainsi offrir un cadeau à nos clientes pour les remercier de leur fidélité. »

Ces marques qui ne font pas de soldes

Eduquer les consommatrices

Derrière cette vision du commerce, ces marques revendiquent également une certaine éthique. Plus responsable, respectueuse de l’environnement, des travailleurs et des consommateurs, elles renouvellent le genre. Ainsi la griffe Olly Lingerie, lancée en 2016 par Clémentine Vanpoulle et Clémentine Girard, imagine des dessous en coton bio et boycotte les soldes. « Nous défendons une vision de la mode plus respectueuse tout en restant résolument attachées au style, expliquent-elles. Nous avons choisi de ne pas faire de prix barrés car c'est le meilleur moyen de proposer des prix justes toute l'année. En effet, qui dit soldes douze semaines par an dit prix artificiellement gonflés le reste de l'année ! »

« Ces prix justes que nous proposons s'inscrivent dans une démarche responsable plus globale de la société, confirme Chrysoline chez Balzac Paris. Nous imaginons et produisons nos collections de manière raisonnée. Côté stylisme, nous faisons notre maximum pour proposer des pièces dont nos clientes ne se lasseront pas au fil des années, des pièces composées de tissus de qualité qui dureront dans le temps... Côté fabrication, nous avons fait le choix de proposer des quantités raisonnées et de travailler avec des usines européennes. Enfin, nous essayons au maximum de lutter contre le gaspillage. Par exemple, deux fois par an, nous proposons une collection responsable avec nos stocks de tissus. Cette collection nous permet de ne pas gâcher et de proposer des prix encore plus justes à nos clientes... »

Une boucle vertueuse qui séduit les clientes et permet à ces marques de vivre en marge du tourbillon de la surconsommation. « Les soldes dans les années 80 étaient très excitantes, aujourd'hui elles n'ont plus aucun sens, confie Amélie Pichard. Les promotions, les braderies, les pré-soldes etc ne font que pourrir le regard qu’a le consommateur sur les produits. Avec la fast fashion (pour ne parler que de la mode), celui-ci a perdu le goût pour l'achat. Le produit n’est plus sexy car il est désacralisé à cause de sa production. Comme s'il n'avait plus d'âme. Il n'est plus charmant. »

Et loin d’être réfractèrent, les clientes sont nombreuses à adhérer. « Elles sont de plus en plus réceptives à notre démarche responsable et deviennent même actrices de celle-ci, conclue Chrysoline de Gastines. Elles nous écrivent régulièrement pour partager leurs idées qui sont prises très au sérieux en interne. Nous avons le sentiment qu'elles préfèrent consommer moins mais mieux. »

Photos : Boutique Amélie Pichard – Collection Responsable Balzac Paris – Olly Lingerie.

Louis Vuitton ouvre un pop-up store dédié à sa nouvelle sneaker

A l’occasion de la sortie de sa sneaker Archlight. Louis Vuitton voit les choses en grand et inaugure un pop up store dédié à son nouveau produit. Situé dans le quartier luxueux de Soho à New York est ouvert au public du jeudi 8 février au 10 mars 2018.

Conçue par Nicolas Ghesquière, les sneakers Archlight décrites comme futuristes ne font pas l'unanimité et certains n’hésitent pas à les qualifier de “Ugly Shoes”. Une caractéristique plutôt revendiquée par le créateur de la Maison puisque ce style de chaussures représentent le futur selon lui.

Ces sneakers qui coûtent 1090 dollars sont disponibles en sept coloris. Dans une édition limitée, elles sont proposées en version entièrement noire. A retrouver exclusivement dans le pop-up new-yorkais de la marque. La sneaker Archlight sera en vente dans le monde entier dès le 23 février 2018.

Photo : Site web Louis Vuitton
Galeries Lafayette, un magasin au Luxembourg pour 2019

L’information a été publiée ce mardi 30 janvier 2018, les Galeries Lafayette arrivent au Luxembourg. C’est dans le complexe Royal Hamilius que l'enseigne française ouvrira une boutique de 9000 mètres carrés d’ici à 2019.

L'enseigne, qui compte 57 grands magasins en France, accélère depuis quelques années son internationalisation, principalement via des franchises. Les Galeries Lafayette comptabilisent déjà cinq magasins à Berlin, Dubaï, Istanbul, Jakarta et Pékin et ambitionnent d’en ouvrir une vingtaine dans le monde d’ici cinq ans.

Fondées en 1894, les Galeries Lafayette représentent plus qu’un simple magasin, il s’agit d’une enseigne française mythique connue à travers le monde et qui attirent chaque année plus de 37 millions de visiteurs.

Photo : Facebook Galeries Lafayette