Richemont : ventes en hausse de 6 pour cent au 3T, freinées par Hong Kong

Zurich, - Le groupe suisse Richemont, numéro deux mondial du luxe, a publié vendredi des ventes en hausse de 6 pour cent pour le troisième trimestre, à 4,1 milliards d'euros, faisant néanmoins de nouveau état d'un ralentissement de sa croissance en Asie, pénalisée par Hong Kong.

Sur le troisième trimestre de son exercice 2019/2020 décalé, le chiffre d'affaires s'est accru de 4 pour cent en monnaies locales et de 6 pour cent une fois converti en euros, a indiqué le groupe genevois dans un communiqué.

Les ventes en Europe se sont accrues de 9 pour cent en monnaies locales, à 1,2 milliard d'euros, sur ce trimestre qui coïncide avec la période des fêtes, et de 5 pour cent dans la zone Amériques, a précisé le groupe, propriétaire notamment de la maison de joaillerie Cartier et des montres Piaget, IWC et Jaeger-LeCoultre.

Les ventes dans la zone Asie Pacifique, la plus importante en terme de contribution à ses recettes, n'ont, en revanche, progressé que de 2 pour cent en monnaies locales, marquant à nouveau un ralentissement par rapport au 5 pour cent de croissance au premier semestre et à la forte croissance sur l'exercice précédent.

Par comparaison, les ventes dans la région avaient grimpé de 20 pour cent sur l'exercice 2018/2019, la croissance organique se chiffrant à 14 pour cent hors acquisitions dans la distribution en ligne.

Sur le trimestre écoulé, les ventes ont de nouveau affiché une progression à deux chiffres en Chine et en Corée du Sud, a indiqué Richemont, sans fournir de détail pays par pays. Mais elles ont connu une « sévère contraction » à Hong Kong, a-t-il ajouté.

Le mouvement de contestation pro-démocratie dans l'ancienne colonie britannique, marqué par de grandes marches pacifiques mais aussi de violents affrontements entre policiers et manifestants, a pesé sur la distribution avec des fermetures temporaires de boutiques.

Les exportations horlogères suisses vers Hong Kong pour l'ensemble du secteur ont reculé mois après mois depuis le début des manifestations. Entre janvier et fin novembre, elles ont chuté de 10,6 pour cent vers ce marché clé pour les fabricants de montres suisses, selon les statistiques de la fédération horlogère, qui doit publier les chiffres complets pour 2019 fin janvier.

A 10H40 GMT, l'action gagnait 4,82 pour cent à 80,88 francs suisses, les analystes saluant les ventes meilleures qu'attendu dans la joaillerie. Son concurrent Swatch Group gagnait 1,54 pour cent dans son sillage, à 276,40 francs suisse, alors que le SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, progressait de 0,94 pour cent.

La joaillerie, un segment à « fortes marges », a « dépassé les attentes », a relevé Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux dans un courriel à l'AFP, notant que le groupe a entre autres bénéficié de l'acquisition fin septembre du joaillier italien Buccellati.

Sur le trimestre écoulé, les ventes dans la joaillerie ont progressé de 6 pour cent en monnaies locales, à 2,1 milliards d'euros. Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP attendaient en moyenne 2 milliards.

Déception sur l'e-commerce

« La vente en ligne est décevante », a toutefois jugé Jon Cox. « Si les dégâts dans une usine en sont en partie responsable, l'environnement de prix hautement concurrentiel n'aide pas du tout », a-t-il noté.

Au troisième trimestre, les recettes dans la vente en ligne n'ont progressé que de 2 pour cent en monnaies locales, le groupe mettant notamment en avant des dégâts dans un entrepôt après une tempête qui a perturbé la distribution pour Mr Porter, son portail de produits de luxe masculins.

Richemont, uniquement devancé dans le secteur du luxe par le français LVMH, réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires dans la joaillerie et dispose également d'un vaste portefeuille de montres. Mais le groupe s'est également fortement renforcé dans la vente de produits de luxe en ligne avec le rachat en 2018 de Yoox Net-à-Porter et de watchfinder.co.uk, un site spécialisé dans la vente de montres de luxe d'occasion.

Le moteur de croissance qu'est la distribution en ligne, « dans lequel beaucoup a été investi », a « déçu », a renchéri Patrik Schwendimann, analyste à la banque cantonale de Zurich. (AFP)

Photo : Richemont média

 

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