Kering enregistre "une forte baisse" de ses ventes en Chine continentale en raison de l'épidémie de coronavirus, mais a dit rester "confiant" face à ce type "d'aléas" mercredi, lors de la publication de ventes et d'une marge record en 2019 grâce à la région Asie et à son fleuron Gucci.

"Nous avons une forte baisse des ventes en Chine continentale ces dix derniers jours", a indiqué François-Henri Pinault, PDG du groupe qui détient notamment les marques Gucci, Yves Saint Laurent et Bottega Veneta.

Il a cependant estimé, lors d'une conférence avec des analystes financiers, qu'il était encore "trop tôt pour évaluer pleinement l'impact" de l'épidémie de coronavirus sur l'activité du groupe, alors que Kering réalise 34 pour cent de ses ventes totales dans la région Asie Pacifique (hors Japon).

La moitié du réseau de boutiques du groupe en Chine est actuellement fermée, les autres magasins fonctionnant à horaires réduits.

"Sur la base des expériences passées et en connaissant notre dynamique, nous nous attendons à ce que les choses reviennent à la normale rapidement une fois que l'urgence sera terminée, et nous travaillons déjà sur les prochaines étapes", a affirmé M. Pinault.

Il a par ailleurs affirmé que le début d'année 2020, avant l'explosion du virus, avait été "très positif".

François-Henri Pinault a également souligné que le coronavirus pourrait "perdre de sa force" avec l'arrivée du printemps. "L'essentiel est d'être prêt, et de saisir l'opportunité du rebond quand il se présentera".

"Nous restons vigilants et agiles devant les nombreux aléas auxquels nous devons faire face, tels que la récente épidémie de coronavirus. Dans cet environnement incertain, nous restons très confiants quant au potentiel de développement de Kering à moyen et long terme", avait précédemment souligné Jean-Marc Duplaix, le directeur financier.

Mercredi, le groupe a annoncé avoir engrangé 15,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en progression de 16,2 pour cent en données publiées et 13,3 pour cent en organique.

Le résultat net part du groupe s'établit à 2,3 milliards d'euros, en repli de 37,4 pour cent en raison de la charge d'impôt "exceptionnelle" dont a dû s'acquitter le groupe, en lien avec un redressement fiscal record en Italie de 1,25 milliard d'euros, au terme d'une procédure pour fraude concernant sa marque Gucci.

Repli de 50 pour cent à Hong Kong

A également pesé un effet de base négatif, lié à la cession au premier semestre 2018 de l'équipementier sportif Puma pour plus d'un milliard d'euros.

Le groupe indique avoir atteint un taux de marge opérationnelle courante de 30,1 pour cent au cours de l'exercice écoulé, en amélioration de 0,9 point sur un an.

A la Bourse de Paris, à 10H20 (09H20 GMT), le titre prenait 2,43 pour cent, à 576 euros, dans un marché en petite hausse de 0,26 pour cent.

La région Asie-Pacifique (hors Japon) a continué de tirer les ventes du groupe, avec "une croissance de 20,4 pour cent en dépit de l'impact des manifestations à Hong Kong sur l'ensemble du dernier semestre", a mis en avant Jean-Marc Duplaix, directeur financier du groupe, lors d'une conférence téléphonique.

Cette zone représente 34 pour cent des ventes totales de Kering, a-t-il précisé. Si les marques du groupe ont enregistré un repli de 50% de leur chiffre d'affaires à Hong Kong au cours du quatrième trimestre en raison des protestations pro-démocratie, d'autres pays asiatiques ont bénéficié d'un report des achats.

Gucci, marque-phare du groupe, a frôlé l'an dernier les 10 milliards d'euros de ventes, à 9,6 milliards, enregistrant une croissance de 13,3 pour cent en organique.

La griffe italienne a plus que doublé ses ventes entre 2016 et 2019, et est actuellement en voie de normalisation, après avoir vu son chiffre d'affaires bondir de 37 pour cent en 2017, et de 44 pour cent en 2018.

Yves Saint Laurent, deuxième maison du groupe, franchit pour sa part les deux milliards d'euros de ventes, tandis que Bottega Veneta redresse la tête après un passage à vide, avec une croissance de 2,2 pour cent de son chiffre d'affaires.

Le groupe ne donne pas de perspectives chiffrées pour l'année en cours. Mais il estime que "l'environnement particulièrement incertain qui prévaut à l'heure actuelle ne remet toutefois pas en cause les fondamentaux de Kering sur le marché du luxe".(AFP)

 

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